eBooks : Apple et ses partenaires accusés d’entente sur les prix

Apple avait souhaité voir les choses en grand lors de sa keynote spéciale éducation en janvier dernier. iBooks 2 et iBooks author avaient ainsi été présentés comme une révolution de la façon dont nous serions amenés à consommer des oeuvres numériques.

Des signes annonciateurs

Seulement voilà, suite à de vives critiques, qui ont conduit dans un premier temps la société à revoir ses conditions d’utilisation concernant le fait de ne pouvoir distribuer des livres créés à l’aide iBooks author uniquement sur la plateforme propriétaire d’Apple, c’est le Département de Justice américain qui souhaite rappeler à l’ordre éditeurs et la société Apple sur des pratiques jugées anti-concurrentielles.

Le département de justice américain a ainsi déposé une plainte à l’encontre d’Apple et de cinq éditeurs pour entente sur le prix des ebooks, il soupconne ces acteurs de maintenir un prix volontairement trop élevé afin de maintenir un niveau de marge jusque là indûment perçu.

Quitte ou double pour les éditeurs

Avec une commission obligatoire de 30% prélevée sur chaque livres numériques vendus sur iTunes, Apple a ainsi placé les éditeurs au pied du mur en leur offrant les choix suivants : faire bande à part et distribuer leur ouvrages sur d’autres plateformes à leur frais et sans avoir accès aux millions de prospects de la firme, ou accepter le partenariat, payer 30% de commissions et avoir comme unique recours de répercuter le surcoût de l’accord sur le prix de vente final des livres.

C’est donc la seconde solution qui a été choisie par Simon & Shuster, Hachette Book Group, Penguin Group, Macmillan et HarperCollins Publishers (les informations actuelles n’indiquent pas si d’autres éditeurs sont concernés) qui se sont ainsi trouvés sous le feu des critiques du Département américain de Justice.

Cet accord a ainsi eu pour effet d’augmenter artificiellement les prix :

Traditionnellement, les éditeurs vendent les livres aux revendeurs pour une fraction du prix de vente public conseillé, libre à ces derniers ensuite, de revendre les livres au prix public ou en deçà. C’est la stratégie qu’avait employé à l’époque Amazon afin de vendre des livres numériques à 9.99 dollars afin d’inciter les lecteurs à acheter ses liseuses au milieu des années 2000. Cette pratique n’était pas du goût des éditeurs qui estimaient que cela reviendrait à habituer les lecteurs à des ouvrages bon marché les empêchant ainsi de commercialiser à terme des livres autrement plus chers (ndlr :tant que le contenu suit il ne devrait pas y avoir de problème).

Apple avait ainsi su écouter les éditeurs en leur proposant un modèle inspiré des agences de publication : un prix fixe et une commission de 30%, les éditeurs concurrents ne pouvant pas vendre le même ouvrage moins cher sur le Store.

Un modèle favorisant l’industrie au détriment des consommateurs

La biographie de Steve Jobs va ainsi dans ce sens :

Nous avons dit aux éditeurs : Nous opterons pour le business modèle des agences, vous fixez le prix, nous obtenons nos 30%, certes le client paie un peu plus, mais c’est ce que vous voulez de toute façon.

C’est ce modèle qui a été appliqué à toute l’industrie du numérique, les éditeurs se sont ainsi tournés vers Amazon, et ont réclamé exactement le même type de partenariat, faute de quoi Amazon aurait été écarté des négociations et donc des ouvrages des 5 plus grands éditeurs américains.

Le département de justice américain accuse donc les 6 acteurs d’avoir agi de concert afin d’augmenter les prix et se prépare à les poursuivre en ce sens pour violation des lois antitrust en vigueur dans le pays.

L’union européenne s’intérèsse également à cette affaire car elle souhaite également poursuivre les éditeurs incriminés pour les mêmes motifs, selon les informations en possession du Wall Street Journal, plusieurs éditeurs ont dores et déjà exprimé leur souhait de résoudre cette affaire à l’amiable.

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