Passer au contenu

Rumeur autour des feux tricolores : est-ce qu’ils vont gagner une nouvelle couleur ?

Depuis quelques semaines, une information circule en boucle sur les réseaux à propos des feux tricolores qui pourraient bientôt arborer une quatrième couleur. Qu’est ce que ça signifie et est-ce que la rumeur est crédible ?

Depuis plus d’un siècle, le feu tricolore tourne avec les mêmes trois couleurs, et ça marche plutôt bien. Mais des chercheurs américains ont décidé qu’il était temps d’ajouter une quatrième lumière à ce trio vénérable avec le blanc.

Tout part d’une équipe de la North Carolina State University, menée par le professeur Ali Hajbabaie du département de génie civil. Leur concept, baptisé « white phase », est publié en 2023 dans la revue scientifique IEEE Transactions on Intelligent Transportation Systems. Le principe est assez malin et finalement très peu perturbant pour les conducteurs. Rouge, c’est toujours stop, vert, c’est toujours go. Le blanc lui, indiquerait de suivre la voiture de devant.

Mais le système gère comment, exactement ?

La clé du truc, c’est les véhicules autonomes. Quand suffisamment de voitures connectées approchent d’un carrefour, elles peuvent communiquer entre elles et avec le feu de signalisation via ce qu’on appelle la communication V2X (vehicle-to-everything). Les voitures autonomes calculent alors en temps réel la meilleure façon d’organiser le flux, sans avoir besoin des cycles fixes rouge/vert habituels.

Mais à quoi ça sert en fait ?

Sur le papier, les gains sont vraiment impressionnants. Avec seulement 10 % de véhicules autonomes à un carrefour équipé, les délais d’attente au feu chutent déjà de 3 %. À 30 % de VA, on grimpe à une réduction de 10,7 %. Et dans des scénarios avec un grand nombre de voitures autonomes, les simulations évoquent jusqu’à 94 % de délais en moins. Moins d’arrêts pour redémarrer, c’est aussi moins de consommation de carburant et moins d’émissions, ce qui fait du feu blanc une proposition séduisante sur le plan écologique aussi.

L’Italie commence à s’y intéresser sérieusement

C’est là que ça devient concret, ou du moins plus concret qu’un simple papier académique. Roma Mobilità, la société municipale qui gère l’ensemble du réseau de feux de la capitale italienne, a récemment publié une analyse approfondie sur le sujet. Luigi Di Matteo, responsable technique de l’ACI (l’Automobile Club d’Italia), a pris la parole pour illustrer le potentiel du feu blanc dans le cadre des routes intelligentes de demain.

Attention, « s’y intéresser » ne veut pas dire « déployer ». Il n’y a pour l’instant aucune résolution municipale, aucun appel d’offres, aucun calendrier. On est clairement dans une phase d’étude et de positionnement politique, pas dans un chantier imminent. Mais le fait que des institutions officielles de ce niveau en parlent publiquement, c’est déjà un signal.

Alors, on va voir des feux blancs demain matin ?

Non. Le frein principal est assez évident étant donné le fonctionnement du système est cantonné à une masse critique de véhicules autonomes sur les routes. Aujourd’hui, le nombre de voitures connectées capables de ce type de communication sur les routes italiennes, comme sur les routes françaises d’ailleurs, est encore complètement négligeable. Le feu blanc restera donc une hypothèse expérimentale dans les années qui viennent.

La fenêtre de tir réaliste, c’est plutôt 2030 et au-delà. L’Union européenne vise à cette date une arrivée significative des véhicules à conduite assistée. Rome, avec ses embouteillages légendaires, aurait d’ailleurs tout intérêt à être parmi les premières villes à tenter l’expérience.

En attendant, les chercheurs évoquent des terrains d’expérimentation plus accessibles à court terme, comme les ports, où les véhicules autonomes sont déjà bien présents et les flux très prévisibles.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode