Sur Facebook, la nudité non, les exécutions oui

culture geek

Par Elodie le

Hum, y a-t-il un pilote dans l’avion Facebook ? Leur politique sur le réseau social est assez complexe à déchiffrer. Après avoir modifié leur politique de confidentialité, fait de la prévention auprès des plus jeunes utilisateurs, voici maintenant que Facebook fait machine arrière et autorise la publication de vidéos de décapitation sur son réseau.

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MàJ : Et un volte face de plus. Un. 24 heures auront suffit pour que Facebook fasse de nouveau marche arrière sur sa politique concernant les contenus violents suite au tollé suscité par la réapparition de la vidéo montrant une jeune femme se faire décapiter. Associations, utilisateurs et même (voire surtout selon certains) le Premier ministre britannique, David Cameron, auront eu raison de la firme de Palo Alto.

« C’est irresponsable de la part de Facebook de publier des vidéos de décapitation, surtout sans avertissement. Ils doivent expliquer leurs actions aux parents inquiets« , s’est insurgé le Premier ministre.

Facebook fait face à sa première grande crise politique, ne sachant plus très bien où situer le curseur concernant certains contenus (nudité, violence, etc.) et laissant donc présager de nouveaux rebondissements…

 

Il n’est pas loin le temps (voire toujours présent) où une photo un peu osée se voyait supprimée, une photo de profil représentant la nudité (cf l’Origine du monde de Gustave Courbet) aboutissait à la censure, la désactivation (réactivée grâce à un message d’excuse publique) ou le blocage dudit compte et où des seins soulevaient le tollé et la fermeture du compte de Caroline Fourest, notamment. Pour les vidéos d’exécution en revanche, c’est autre chose. Oui, les américains sont puritains mais les scènes de guerre, de violence et d’exécution finalement, c’est déjà plus commun. Le reflet de la société dans laquelle on vit. Un bon blockbuster du dimanche soir sur le divan.

Pourtant, en mai dernier, c’est une véritable polémique qui est soulevée par la diffusion d’une vidéo montrant la décapitation d’une jeune femme par ce qui semble être un cartel – Los Zetas ? – de la drogue au Mexique. À ce moment-là, on se demandait alors si la vidéo était un fake : pas de lieu, ni de date. Sur celle-ci, la jeune femme – consciente – est à genou, les mains ligotées dans le dos, un homme lui tient la tête d’une main et brandit ce qui semble être une machette de l’autre. Puis, il entreprend de la décapiter pendant de longues (très longues) secondes. La vidéo durant moins d’une minute. On en viendrait presque à se dire que la guillotine c’était vraiment autre chose.

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Dans un premier temps, le réseau social ne semble pas plus enclin que ça à supprimer cette vidéo, prétextant que les utilisateurs ont le droit de montrer des images reflétant le monde dans lequel on vit et « d’attirer l’attention sur les injustices en postant un contenu dramatique ou inquiétant ». Pourtant, les conditions d’utilisations du réseau social étaient déjà assez explicites :

Vous ne publierez pas de contenus incitant à la haine ou à la violence, menaçant, à caractère pornographique ou contenant de la nudité ou de la violence gratuite

Cependant, face à la bronca des utilisateurs du réseau (s’indignant du non-respect de la dignité de la victime et de la famille mais réclamant également la protection des utilisateurs les plus sensibles) et le relais médiatique s’opérant autour, Facebook a cédé. À l’époque, ce dernier affirmait : « Nous allons supprimer de Facebook ces vidéos qui nous ont été signalées alors que nous sommes en train d’évaluer notre politique et l’approche de ce type de contenu« . Pour ensuite interdire toute publication de vidéos d’exécutions ou de passages choquants.

Il semblerait que la tempête médiatique s’étant calmée, Facebook soit revenu sur ses propos et mis à jour sa « politique et l’approche de ce type de contenu ». La vidéo est de retour et la firme ne semble pas encline cette fois-ci à la supprimer.

En effet, selon le porte-parole du site à la BBC

Facebook a toujours été un endroit où les gens viennent partager leurs expériences, particulièrement quand ils sont aux prises avec des événements controversés, comme les violations des droits de l’homme, le terrorisme et autres actes violents

Cette vidéo a droit de cité selon lui car elle « a été partagée sur Facebook pour la dénoncer ». Ah. « Si on avait fait l’apologie de cette vidéo, ou encouragé les actions qu’elle contient, notre approche aurait été différente  ».

Néanmoins, la firme est humaniste.

Puisque certaines personnes sont sensibles à ce type de vidéos choquantes, nous travaillons à l’établissement d’un nouveau paramètre de contrôle pour permettre aux utilisateurs de configurer ce qu’ils seront à même de voir sur le réseau. Cela pourra inclure une mise en garde avant la lecture d’un contenu

On peut rester perplexe quant à l’efficacité d’une telle méthode et même l’utilité de ce genre de contenus sur le réseau social plébiscité par les plus jeunes (mais pas forcément les plus sensibles ou choqués) et concourant à un voyeurisme assez sordide. L’épisode encore récent (malgré la fulgurance de l’information) de Luka Magnotta s’affairant sur une vidéo à tuer et dépecer son amant d’un soir est très révélateur. Le nombre de personne qui cherchait à débusquer cette vidéo dans les tréfonds des sites gores présents sur Internet… Soit. Certains ont rebroussé chemin en cours de route, d’autres ont trouvé leur Graal. Pour autant, que ce type de vidéo soit accessible sur les internets est une chose, qu’il soit accessible sur un réseau social tel que Facebook, quel que soit les méthodes pour y parvenir, en est une autre.

Malgré tout, Facebook l’assure, ce revirement ne sera pas « la porte ouverte à toutes les fenêtres » et il s’arrogera le droit de supprimer certaines vidéos, particulièrement dans le cas où la situation présentée met en avant une glorification des actes ou un encouragement aux actions. Donc acte. Interprète qui pourra.

Facebook retourne finalement sa veste. Et demain, tous à poils sur Facebook ?