Une étude montre que des éditeurs professionnels alimentent les systèmes P2P mondiaux depuis la France

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Par Gregori Pujol le

A l’occasion de la dernière édition de la conférence internationale IEEE P2P qui s’est tenue Italie, une équipe de chercheurs de Télécom SudParis, de l’Université Carlos III de Madrid, de l’Université de l’Orégon et de l’Institute IMDEA Networks ont publié un article scientifique sur l’évolution du téléchargement de fichiers P2P en France depuis Hadopi.

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Les résultats de leur étude montrent que le nombre de téléchargements illégaux a baissé de 71% depuis l’adoption de la loi. Pour autant, les échanges de fichiers P2P dépendent de certains acteurs clés du réseau, les éditeurs, qui mettent à disposition sur le système des fichiers sous copyright. L’étude démontre ainsi qu’au cours de la 1re année d’application de la loi, le nombre de contenus mis en ligne depuis la France a augmenté de 18 %. Ce phénomène s’explique par le fait que les éditeurs professionnels BitTorrent ont trouvé un fournisseur accommodant, par lequel ils ont pu développer leur activité en bénéficiant d’un niveau de risque très faible.

« La loi Hadopi n’a pas pris en compte le fait que l’échange de fichiers P2P est un marché mondial, de sorte que même lorsque l’on parvient à réduire les téléchargements au niveau local, les utilisateurs hébergés dans un pays peuvent toujours alimenter en contenus le reste de la planète » explique Noël Crespi, chercheur à Télécom SudParis.

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Par conséquent, les résultats de l’étude démontrent que si la loi Hadopi a permis de réduire le nombre de téléchargements, elle n’a pu empêcher que des éditeurs professionnels alimentent les systèmes P2P depuis la France.