Le troll, cet “ami” qui ne vous veut pas du bien

culture geek

Par Elodie le

Mais qui sont-ils ? Quels sont leurs réseaux, leurs hobbies ? Ils hantent les fils de commentaires, sont les Nelson des Twitter, Facebook et autres réseaux sociaux, pas un commentaire pour rattraper l’autre, la pagaille est leur trophée, le point Godwin leur Graal ultime. Eux, ce sont les trolls. Sadiques, psychopathes et machiavéliques.

troll_internet_sadique_machiavélique_plaisir

Une étude canadienne menée par Erin E. Buckels, Paul D. Trapnell et Delroy L. Paulhus (Université de Manitoba, Université de Winnipeg et Université de la Colombie Britannique – Canada) s’est penchée sur leur cas. Véritable communauté à part sur les internets, leurs motivations intriguent. Baptisée « les trolls veulent juste s’amuser » (certainement comme ici), l’étude de ces trois chercheurs tente de décrypter ces motivations et d’expliquer la psychologie de ces trolls du net.

Dans leur introduction, les trois universitaires définissent le trolling ou cyber-bullying ainsi :

pratique consistant à se comporter d’une manière trompeuse, destructive ou perturbatrice dans la sphère sociale d’internet, sans but apparent

Ajoutant que :

tout comme le Joker, les trolls fonctionnent comme des agents du chaos sur Internet, exploitant le « hot-button issues » (appuyer là où ça fait mal, ndlr) pour rendre fous les utilisateurs un peu trop sensibles émotionnellement. Si par malchance une personne tombe dans leur piège, le trolling s’intensifie dans un amusement sans merci. C’est pourquoi les nouveaux arrivants sur Internet sont régulièrement exhortés à « Do not feed the trolls ! »

Première constatation qui s’impose pour eux : « Le fait de troller est corrélé avec le sadisme, la psychopathie et le machiavélisme. » Il est vrai qu’à la vue de certains commentaires cette constatation allait de soi, la voici maintenant corroborée par une étude universitaire.

Pour aboutir à de tels résultats, ils ont mené deux expériences et interrogé certaines personnes concernant leur comportement en ligne. Effectivement, il semblerait que certains aient des tares qualités exceptionnelles… Mais la cerise sur le cupcake, c’est qu’ils adorent ça ! Au vu de l’énergie gaspillée dépensée, on ne peut finalement que leur souhaiter de bonnes tranches de rigolade. Il serait dommage de perdre du temps en s’ennuyant.

Dans les conclusions de l’étude 2, nous avons trouvé des preuves claires que les sadiques ont tendance à troller parce qu’ils adorent ça. En contrôlant leur plaisir, l’impact du sadisme sur le trolling est divisé par deux ; et l’effet indirect du sadisme à travers le plaisir était importante, significative […] Ces résultats fournissent un aperçu préliminaire du mécanisme par lequel le sadisme favorise le trolling. Trolls et sadiques ressentent une joie sadique face à la détresse des autres. Les sadiques veulent juste s’amuser… et Internet est leur terrain de jeu.

Après ce constat accablant, mais finalement peu surprenant pour tous vieux briscards de la toile qui en croisent tous les quatre matins, Slate souligne que de précédentes études ont prouvé que l’acte de commenter est généralement dicter par l’opposition et les réactions négatives (le fameux hater), la colère se diffusant mieux que la bonne humeur sur les réseaux sociaux. Ajoutant que les personnes qui ont une forte propension à critiquer, critiquent à peu près tout la plupart du temps.

Top 5 des trolls (non exhaustif et subjectif)

5- Le « old » à tout va. L’actualité se vit à l’instant X et meurt aussitôt. Toute autre entreprise serait une épitaphe inutile.
4- Pierre. Master troll s’il en est.
3- Le professeur. Il sait tout mieux que tout le monde. Rien ne trouve grâce à ses yeux et certainement pas l’âne bâté qui a pondu l’article qu’il s’est empressé de commenter puis de lire en diagonale.
2- Le syndrôme Gilles de la Tourette. Il dégaine vulgarité et insulte plus vite que son ombre.
1- Le Godwin. Qu’importe le sujet de l’article et les commentaires précédents, son Graal ultime reste le point Godwin, qu’il s’empresse d’atomiser dès la première phrase.

Trolls de tous pays, bienvenus !