Le cerveau perçoit les smileys comme des visages

culture geek

Par Elodie le

Cela peut sembler logique à la première lecture, mais pas tant que ça. Une étude australienne certifie que les smileys (ou émoticônes) sont perçus par le cerveau humain comme de véritable visages et non comme de simples caractères.

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Depuis leur invention en 1982 par Forest Gump Scott Fahlman sous leur forme actuelle :), nous les utilisons régulièrement dans nos mails, sms ou correspondance en tout genre. Au fur et à mesure ils ont été agrémenté d’un nez ( – ), clin d’œil ( ; ), larme ( ‘ ), etc., au gré des émotions que nous souhaitions faire partager.

Des chercheurs australiens se sont penchés sur leur cas. Publiée récemment dans le journal Social Neuroscience, les conclusions de leur étude établissent que le cerveau humain interprète les smiley comme de vrais visages et non comme du texte ou de simple objet lorsqu’ils sont présentés sous leur forme traditionnelle :-). En revanche, présentés sous une autre forme, comme le smiley inversé (-: le cerveau les perçoit comme de simple objet.

D’après les conclusions de l’étude, les smileys sont donc traitées par les zones dédiées à la reconnaissance des visages (gyrus fusiforme moyen, gyrus occipital inférieur et cortex occipitotemporal ventral), ce qui n’est pas anodin pour le chercheur Owen Churches (à ABC) ayant participé à l’étude :

Il n’y a pas de réponse neuronale innée. Avant 1982, il ne semble y avoir aucune raison pour que 🙂 active les zones du cortex en rapport avec la reconnaissance des visages, mais maintenant il le fait parce que nous avons appris que cela représente un visage.

« Il s’agit d’une réponse neuronale issue d’un contexte culturel. C’est vraiment incroyable » s’enthousiasme-t-il. Ce qui signifierait que le cerveau ne réagit pas du tac au tac mais apprend et interprète en fonction de ce qu’il connait déjà.

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Pour leur étude, Churches et ses collègues de l’université de Flinders ont utilisé l’électrophysiologie via l’électroencéphalographie sur 20 participants à qui ils ont présentés des images de vrais visages, de smiley et d’objets.
Selon Bruno Rossion, chercheur à l’Institut des neurosciences de l’université de Louvain, en Belgique, interrogé par le Figaro

Le gros avantage de l’électroencéphalographie est qu’elle montre le déroulement chronologique des réponses cérébrales, ce que ne fait pas l’imagerie fonctionnelle par résonance magnétique par exemple

Grâce à des électrodes placées sur le sommet de leur crane, ils ont pu mesurer une onde électrique particulière chez ces 20 participants, dites « N170 » : « Nous avons comparé les ondes N170 produites par le cerveau face à des visages et à des émoticônes » explique Owen Churches.

Le cerveau réagit de la même manière ou plutôt dans les mêmes zones. Lorsque le sujet présenté était un objet ou un smiley inversé le cerveau l’interprétait comme un objet quelconque.
Et Bruno Rosson de conclure
« Ce résultat conforte les conclusions de travaux récents qui ont démontré que le cerveau interprète, plus qu’il ne traite mécaniquement, les informations visuelles qu’il reçoit. Ce type de données peut contribuer à mieux comprendre ce qui se passe chez les patients qui, après des accidents, présentent des difficultés à reconnaître des visages. »

Le cerveau a encore beaucoup de choses à nous apprendre.

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