[Test] Out There : Je suis mort 1000 fois dans l’espace, et j’ai aimé ça [iOS]

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Nous ne traitons que rarement de jeu mobile, mais là, il le fallait, parce que le périple Out There, développé par le studio indépendant Mi-Clos et FibreTigre, s’est révélé une merveilleuse épopée.

Au 22ème siècle, l’humanité a pratiquement épuisé les ressources de la Terre et n’a plus d’autre choix que d’aller extraire des corps célestes. L’aventure commence quand un astronaute mandaté pour une mission minière de routine pour une lune de Jupiter se réveille de sa cryogénisation… beaucoup plus loin que prévu dans la galaxie. Seul, il va devoir traverser l’espace pour rentrer chez lui et retrouver sa civilisation, du moins, s’il survit à l’hostilité du cosmos.

Out There est très simplement un Rogue-like sans combats. En fait, c’est FTL sans les batailles, grosso modo, et c’est ce petit rien qui change tout. À aucun moment on ne devra se battre. Ce que l’on perd en adrénaline, on le gagne en sérénité et c’est sans doute tout ce qui fait le charme de l’aventure, fortement inspirée par la fiction interactive.

Out There 1Out There dégage une atmosphère particulière. Avec ses dessins, sobres, dénués d’animations, mais qui traduisent parfaitement l’immensité de l’espace. Avec la musique, signée Siddhartha Barnhoorn (également responsable des environnements sonores sur Antichamber ou The Stanley Parable), qui accompagne harmonieusement l’odyssée. Avec sa narration, enfin. L’astronaute nous raconte, dans son journal, ses pensées et ce qui lui arrive. Il n’a aucune prétention de vouloir sauver l’humanité : il veut juste rentrer chez lui. Il ne s’agit pas pour lui de briller dans des batailles spatiales mais d’être assez malin pour parvenir à traverser la galaxie sans y laisser la vie.

Out There 2Comment ? En se déplaçant d’étoile en étoile puis en orbitant autour des planètes qui gravitent à proximité. Il pourra récolter ainsi du carburant, du fer pour réparer la coque et des matériaux pour construire ou réparer des outils du vaisseau. Il fera également la rencontre d’extra-terrestres, apprendra petit à petit à déchiffrer leur langage et obtiendra ainsi des ressources précieuses ou de nouvelles technologies qui lui permettront de progresser.

Out There 3 Les jours de chance, il trouvera une navette abandonnée, plus vaste ou mieux équipée pour traverser la galaxie. Mais les réserves des vaisseaux restent toujours limitées. Qu’il s’agisse de ressources ou d’équipements, impossible de tout avoir en cale en permanence. On passe son temps à faire des choix cornéliens, à imaginer des scénarios, à espérer que la chance nous sourira… En sachant que la situation peut toujours vite virer au drame en quelques actions ou événements aléatoires seulement.

05Petit à petit, on découvre alors toute la profondeur du jeu. Celle de son gameplay, mais surtout de son scénario. Que le retour à la maison ne sera pas si simple et que la galaxie n’est pas aussi calme qu’il n’y paraît. Les très beaux textes de FibreTigre, qui se trouve être le co-créateur et game-designer du jeu, distillent patiemment tous les éléments du puzzle passionnant de l’histoire. Mais il faudra être patient et persévérant. Forcément un peu répétitif, Out There est difficile et ne laisse pas la place aux hésitations. Mais ce n’est que pour être plus gratifiant quand on parvient à comprendre ses mécaniques et à en percer les secrets.

Out There n’est pas un jeu stressant. Lorsque l’on échoue, la déception est amère mais on ne pousse pas de cri de rage ou d’énervement. Pourtant, l’immersion est complète. Out There est d’une rare intensité, ne coûte que trois euros et quelques et va vous captiver. Sorti fin février sur Android et iOS, le jeu devrait voir le jour prochainement sur Steam.

J’ai adoré Out There mais après être mort plusieurs dizaines de fois, j’ai tenu à demander quelques explications à FibreTigre. Pour lire ces dernières, c’est par ici.

Journal du Gamer : Salut FibreTigre. Dis-moi, pourquoi Out There est aussi dur ?

FibreTigre : Le jeu a l’air difficile mais il ne l’est pas quand on le connaît bien. Une partie du jeu est de découvrir les règles cachées de celui-ci. L’espace est un endroit hostile. Mourir est une chose normale dans un tel environnement.

JDGa : OK. Mais le jeu a plusieurs fins. il faut le recommencer plusieurs fois et le début de partie n’est pas très palpitant. L’amusement est assez dépendant d’avoir un « bon lancer de dés » ou non. Combien de joueurs auront la patience de voir la « vraie fin » franchement ?

FibreTigre : Ce n’est pas très grave de ne pas arriver à la fin. Le héros dit à un moment que tant qu’il aura sa volonté de vivre et la foi dans son succès, l’héritage de l’humanité sera intact. Vivre des situations désespérées, y survivre ou non est l’essence du jeu Out There. Si vous n’arrivez pas à la fin, ce n’est pas très grave.

JDGA : Bon… Dernière chose, on peut facilement perdre pour des raisons indépendantes de sa volonté. C’est très déprimant pour ceux qui ont érigé YOLO en maxime de vie. L’espace est-il injuste ?

FibreTigre : Comme dans tous les jeux exigeants, on pense perdre à cause du hasard qui semble très présent, mais le but est justement d’élaborer des stratégies pour contourner l’aléatoire.
« YOLO » est effectivement un concept décalé par rapport à la vie dans l’espace : si vous êtes astronaute, il n’y a pas de YOLO dans votre vie, chaque décision relève de la vie ou de la mort.

JDGa : Cool. Merci FibreTigre.