
Parmi les révélations chocs extraites des documents d’Edward Snowden, celles concernant l’espionnage de gouvernants et personnels politique du monde entier ont suscité une polémique mondiale. De Dilma Roussef, en passant par François Hollande ou Angela Merkel chacun y est allé de son petit commentaire, plus ou moins indigné. Plus ou moins feint aussi. Car, outre le fait qu’il n’est jamais agréable d’apprendre qu’un pays allié vous espionne, prétendre tomber des nues en l’apprenant serait faire preuve d’une certaine hypocrisie (ou d’une grande naïveté). Hypocrisie d’autant plus grande quand ces mêmes documents révèlent la coopération étroite entre les agences de renseignement américaines et celles des pays indignés .
Ainsi, comme Der Spiegel le souligne, la NSA est présente en Allemagne depuis des décennies : lors de la guerre froide, les États-Unis surveillaient les communications au-delà de la frontière avec l’Allemagne de l’Ouest, et même après. Par ailleurs, les documents de Snowden révèlent que l’Allemagne est la base la plus importante de l’Agence pour ses opérations sur le continent.

Depuis le 11 septembre, ses moyens et capacités se sont étendus, la NSA a mis en place des systèmes de surveillance considérable qui lui permettent d’espionner et d’intercepter à peu près tout ce qui transite dans le pays cible. Allemagne compris, tout comme le portable personnel de la chancelière allemande, Angela Merkel.
Ce qui n’empêche pas ces deux pays de collaborer de façon étroite. Ainsi, le service du renseignement extérieur allemand (BND),l’agence du renseignement intérieur (BfV) et la NSA travaillent de concert sur plusieurs sites aux environs de l’Allemagne.
Et Der Spiegel de délivrer un nombre important de documents relatifs à cette coopération, non sans les avoir expurgé (adresse, numéros, e-mail, informations permettant l’identification des agents, etc.)
Rapports, documents secrets, ordre du jour d’une rencontre entre hauts fonctionnaires de la NSA et du BND, détails concernant divers programmes d’espionnage et les pays cibles, etc. tout est disponible en un clic.
Angela Merkel ne pourra plus dire qu’elle ne savait pas.