Google à l’assaut des pirates

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Par Elodie le

Vendredi 17 octobre, Google a publié un rapport justement nommé : « Comment Google lutte contre le piratage ». Dans celui-ci, la firme y détaille les mesures appliquées pour contrer les pirates et favoriser l’offre légale.

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« Le piratage survient souvent lorsque la demande du consommateur n’est pas satisfaite par l’offre légale, comme les services allant de Netflix à Spotify, iTunes l’ont démontré, la meilleure façon de combattre le piratage est de multiplier et d’offrir un meilleur service légal », expose Google dans son rapport.

Dans l’introduction de ce document de 26 pages, Google précise ainsi ses principes anti-piratage :
– Multiplier et améliorer les alternatives légales ;
– suivre l’argent. Les sites pirates étant de véritables entreprises commerciales, s’attaquer à leur rentrée d’argent se révèle un moyen efficace ;
– être efficace, économe et évolutif ;
– se prémunir contre les abus. Notamment les allégations d’infractions au copyright utilisées comme prétexte à la censure et d’entrave à la concurrence ;
– garantir la transparence, en, divulguant le nombre de demandes reçues par Google de la part de propriétaires au titre de droit d’auteur mais également celles des gouvernements pour supprimer certaines informations visibles sur un ou plusieurs services de Google.

C’est dans cette optique que la firme, sise à Mountain View, a revu entièrement son célèbre algorithme sous la pression des ayants-droit.
Désormais, certains termes tels que « free », « download », « streaming » ou « watch », qui pouvaient faire ressortir des liens vers des sites pirates , renverront vers du contenu légal. Le contenu considéré comme illégal sera rétrogradé, c’est-à-dire moins bien référencé. Plus les sites proposant des œuvres piratées seront signalés par les ayants droit (musique, cinéma, etc.), comme étant en infraction au DMCA (pour Digital Millennium Copyright Act), plus ils seront rétrogradés dans les résultats de recherche.

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Ainsi, si vous souhaitez retrouver votre site favori de streaming illégal, il faudra peut-être chercher loin dans les pages résultats de Google avant de tomber dessus. Google souhaite ainsi inciter les internautes à choisir l’offre légale qui sera mise en avant.
« Cela va renforcer l’efficacité de cet outil » assure Google dans son rapport. “Avec cette nouvelle version de notre algorithme, nous nous attendons à ce que le classement de certains des sites les plus utilisés pour le piratage soit visiblement affecté” explique Katherine Oyama, conseillère au Copyright chez Google.
En effet, les internautes cliquent la plupart du temps sur les liens proposés dans les premières pages de résultats, si ce n’est la première.

Mais Google ne compte pas pour autant se faire censeur :

Même pour les sites pour lesquels nous déréférençons le plus de pages, cela représente au final qu’une partie mineure des pages qu’ils comptent au total et il serait inapproprié de supprimer entièrement ces sites de notre moteur de recherche dans ces circonstances.

Cette politique inédite de mise en avant du contenu légal est une aubaine (et un paradoxe) pour Google qui développe également sa propre offre légale (de films, musiques et livres) mais est aussi détenteur de.. Youtube, souvent décrié. Par ailleurs, ces nouvelles mesures seront également visibles à travers les suggestions. Google proposait ainsi des liens vers de sites pirates ou non, sans aucune discrimination, ce qui lui valait nombre de critiques des ayants droit considérant que le site était « une plateforme pour le piratage […] qui choisit d’ignorer le contenu illégal et peu recommandable qui surgit après la plus simple des recherches » comme le signale le Figaro, rapportant les propos de Rupert Murdoch, PDG de NewsCorp, dans une lettre envoyée au Commissaire européen à la Concurrence, Joaquin Almunia.

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Le nouvel algorithme renverra uniquement vers des recommandations de sites légaux. Google met donc en place une nouvelle offre publicitaire servant à promouvoir l’offre légale.
Ces mesures sont cantonnées aux États-Unis pour le moment, mais Google souhaite étendre cette offre à plusieurs pays.

Ces diverses annonces sont également l’occasion pour Google de délivrer quelques chiffres : 222. C’est en millions, le nombre de sites déréférencés par Google en 2013 (sur 224 millions de demandes reçues). Les sites les plus touchés par ce déréférencement sont RapidGator, 4Shared et Dilandau, quand l’industrie musicale est celle qui effectue le plus de signalements, la BPI (Bristish Phonographic Industry, association des professionnels de la musique britannique) suivi par la RIAA (Recording Industry Association of America représentant les majors us) en pole position.

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« Nous recevons aujourd’hui plus de demandes de déréférencement d’URL en une semaine qu’au cours des douze années 1998-2010 réunies », confesse Google. Des demandes de plus en plus nombreuses puisqu’en 2012 seulement 57 millions de pages avait été signalées aux services de Google (le système de signalement de contenu pirate a été mis en place en 2011). La firme affirme traiter les demandes dans les 6 heures suivant leur réception.
Parmi les 2 millions de requêtes DMCA rejetées, certaines l’ont été car incomplètes, erronées ou abusives, correspondant plus à des tentatives de censure ou de suppression de la concurrence.

Les pirates survivront-ils à cet abordage en règle de Google ?

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