Critique Astérix, le Domaine des Dieux : c’est pas de la Kaamelott !

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Par Elodie le

Après avoir essuyé nombres d’adaptations cinématographiques plus ou moins réussies, Astérix revient à ses premières amours (après la BD), l’animation. C’est sous la plume d’Alexandre Astier et Louis Clichy qu’Astérix et Obélix s’animent, le Roi Arthur de Kaamelott (pour ceux qui ne le connaîtraient pas) a choisi l’un des albums les plus emblématiques de Goscinny et Uderzo, Le Domaine des Dieux, son préféré aussi. Essai transformé ?

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Respect du classique et impertinente nouveauté

Je ne vous cache pas qu’on était quelque peu impatients de découvrir ce nouvel opus des aventures d’Astérix le Gaulois version animée. Pour ma part, ayant vu tous les précédents dans mon enfance et même après, redécouvrir cette bande de Gaulois siphonnés sous leurs traits d’origine s’annonçait prometteur. D’autant plus que Roger Carel est sorti de sa retraite spécialement pour redonner vie et voix à ce cher Astérix (il a incarné l’intrépide guerrier depuis ses débuts en 1967 dans Astérix le Gaulois). Traits d’origine mais version 2D et images de synthèse, une première pour Astérix. On entre donc dans le Domaine des Dieux dans les meilleures conditions, la voix de Roger Carel pour nous rappeler l’Astérix de notre enfance, les répliques d’Alexandre Astier pour lui donner ce petit souffle de modernité et d’impertinence, réunissant ainsi nostalgique et nouveaux venus.

Les charentaises aux pieds, comme à la maison, on est prêt à en découdre avec quelques romains impétueux. Bon, pas de véritable spoiler puisque le 17e album de la série, Le Domaine des Dieux, est sorti en 1971…

Le pitch est donc le même : Après avoir tenté toutes les manœuvres possibles et inimaginables pour se débarrasser de ces irréductibles gaulois, Jules César décide d’encercler le village Gaulois avec une résidence pour Romains fortunés, Le Domaine des Dieux. Le but est double, en détruisant leur forêt pour construire cette résidence, César espère les couper de leurs ressources et les forcer à se civiliser auprès des Romains, qui viennent notamment s’approvisionner au village. Seul Astérix flaire l’entourloupe.

M6, le prochain Pixar made in France ?

Alexandre Astier et Louis Clichy ont donc réussi le tour de force de dépoussiérer sans altérer. Avec quelques anachronismes disséminés de ci de là, des répliques qui font mouches et ancrées dans l’air du temps, des références cinématographiques, un contexte politique et social remis au goût du jour sans pour autant le modifier et des voix piquées aux humoristes d’aujourd’hui que certains s’amuseront à reconnaître (j’ai séché trèèès longtemps sur le personnage de l’esclave, très attaché, dans les tous les sens du terme, à sa condition. Après coup, son interprète devient une évidence). Mention spéciale pour Bonemine et sa voix française plus grognon que nature.

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Roger Carel et son double animé, Astérix

À la fin du film mon côté nostalgique fut parfaitement comblée, j’ai retrouvé les traits et l’humour de mes anciens héros épicés à la sauce Astier et mis en scène par Louis Clichy (ex animateur chez Pixar derrière Là-Haut, Ratatouille et Wall-e), cependant c’est mon côté adulte qui fut un peu plus déçu, Astier à la manette je m’attendais à encore plus d’impertinence, j’en oubliais presque que ce dessins animé est avant tout une œuvre familiale. Grégori s’est quant à lui fendu la poire en deux tout au long du film.

Par ailleurs, nous avons visionné le film en 2D alors qu’il est prévu en 3D dans les salles, nous ne pouvons donc juger de la qualité ou non du film sous ce format (la raison est toute simple, la 3D n’était pas totalement achevée à ce moment là).

Selon Alexandre Astier (co-réalisateur et scénariste), lors de la séance de question-réponse qui a suivi la projection du film, cet Astérix là, se pose comme la vitrine des ambitions de M6, qui se rêve en Pixar français et souhaite devenir un acteur majeur, si ce n’est le principal, de l’animation française. M6 a fourni un budget à la hauteur de ses ambitions : 37 millions d’euros. À vous de juger si le pari est réussi le 26 novembre dans les salles.