[SonyLeaks] George R.R. Martin, Anonymous, Paulo Coelho : The Interview à tout prix !

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Par Elodie le

L’annulation de la sortie ciné de The Interview a suscité l’incompréhension, l’opprobre et la colère d’Hollywood. Mais aussi des réactions inattendues sous forme de résistance.

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« Lâcheté », « censure », « atteinte à la liberté d’expression » et à « la liberté artistique », « hypocrisie », c’est à peu de choses près un condensé des réactions suscitées à Hollywood suite à la déprogrammation du film The Interview après les menaces proférées par les GoP.

George Clooney a été l’un des plus virulents pourfendeurs de cette décision des studios. Décision qui équivaut pour lui à se « coucher » face au dictateur.

La résistance est néanmoins venue d’ailleurs, de personnalités toutes aussi inattendues sur le dossier que la proposition qu’elles ont formulée.
Ainsi, George R.R. Martin, l’auteur de Game of Thrones, peu connu pour son langage diplomate, a tout simplement qualifié la décision de Sony Pictures (ainsi que celle des cinq plus grands exploitants de salles de cinéma américains Regal, AMC, Cinemark, Carmike et Cineplex) « d’exemple flagrant de lâcheté » sur son blog, pour avoir, « oui, sérieusement, ce n’est pas un sketch de South Park (bien que je m’attende à ce que ça le soit bientôt) – répondu aux menaces de la Corée du Nord. »

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Ce niveau de lâcheté m’étonne au plus haut point. C’est vraiment une bonne chose que ces gens n’étaient pas dans le coin lorsque Charlie Chaplin a tourné Le Dictateur. Si Kim Jong-un les effraie, Hitler les aurait fait chier dans leur froc.

Il propose donc à Seth Rogen de diffuser The Interview dans un petit cinéma, le Jean Cocteau, dont il est propriétaire à Santa Fe au Nouveau Mexique et ce, que le film soit, « bon ou mauvais », « hilarant », « stupide », « offensant », ou pas.

Ce n’est pas le sujet. Qu’il s’agisse du prochain Citizen Kane ou du prochain Plan 9 from outer space (d’Ed Wood, ndlr), il est surprenant qu’un film majeur d’Hollywood puisse être tué avant même sa sortie par des menaces d’une puissance étrangère et de pirates anonymes.

Un autre écrivain a entrepris de sauver The Interview, Paulo Coelho. L’auteur brésilien de l’Alchimiste propose à Sony de lui racheter les droits du film pour 100 000$ et de le diffuser gratuitement sur son blog, même si la somme parait bien dérisoire à côté des millions de dollars perdus par Sony Pictures : 75 millions de dollars, 44 millions pour la production du film et 30 millions pour sa promotion.

« J’offre à @SonyPictures 100 000 dollars pour les droits de The Interview. Je vais le diffuser gratuitement sur mon blog. S’il vous plaît, prenez contact avec moi via @SonyPicturesBr. »
Dans une interview accordée à un journal brésilien, il met d’ailleurs en garde contre ce « terrible précédent » :

Cela crée un terrible précédent. C’est une menace qui donne des résultats. C’est comme si les terroristes gagnaient et avec les terroristes on ne négocie pas. J’ai vécu intensément l’affaire Salman Rushdie et ses ‘Versets sataniques’, mais c’est encore plus sérieux.

Autre proposition venue des tréfonds de la matrice, mais dont on attendait une réaction plus soudaine, celle des Anonymous. Après avoir fustigé la manière dont Sony Pictures a répondu aux menaces des pirates Nord-Coréens, les Anonymous, du moins un compte se revendiquant des Anonymous, ont proposé de diffuser The Interview à la place de Sony comme « cadeau de Noel » pour les internautes.
« Nous ne sommes d’aucun côté, nous voulons juste voir le film nous aussi… et bientôt vous nous rejoindrez. Désolé Sony Pictures », affirmait alors @TheAnonMessage.

Le compte étant suspendu depuis, la proposition ne devait pas émaner des réelles instances du mouvement, si tant est qu’il y en ait… c’est toujours la même question. @YourAnonNews, a d’ailleurs communiqué la dessus en retweetant le compte Anonymous, @YourAnonCentral.

Les Anonymous ne croit pas à un piratage provenant de la Corée du Nord – eux-même ont déjà piraté des comptes officiels du régime de Kim Jong Un voici un peu plus d’un an. Quand d’autres pensent qu’ils en sont peut-être à l’origine (du moins des personnes ou groupes liés)