[SonyLeaks] La Maison Blanche accuse officiellement la Corée du Nord d’une cyberguerre… désormais terminée

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Par Elodie le

Très discrète sur cette affaire depuis son déclenchement, dans ce qui semblait ne concerner que l’univers pailleté et vaniteux d’Hollywod, la Maison Blanche est sortie de son mutisme face à l’ampleur de l’attaque et ses conséquences aussi imprévues que considérables. Elle évoque aujourd’hui « une grave affaire de sécurité nationale » et accuse officiellement Pyongyang. Dans le même temps CNN nous apprend que les GOP renoncent à publier d’autres données piratées car ils ont obtenus satisfaction suite à l’annulation de la sortie de The Interview. Mais où était la NSA ?

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La Maison Blanche en cyberguerre contre la Corée du Nord

Passée la surprise de l’attaque, ce sont désormais ses multiples conséquences, des plus anecdotiques aux plus considérables – mails dévoilés, films et scénarios inédits leakés, menaces proférées par les pirates contre tous ceux qui entreprendraient de diffuser le film incriminé, pour finir par l’annulation pure et simple de la sortie du film The Interview, qui ont poussé la Maison Blanche à prendre position.

Jeudi 18 décembre, c’est donc le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest, qui a confirmé que le Conseil de sécurité nationale réfléchissaient à un « un ensemble d’options » qui devront être les plus « appropriées » et « proportionnelles » à ce que l’administration Obama considère désormais comme une « grave affaire de sécurité nationale ». D’autant qu’ils n’oublient pas que ce genre d’attaques à souvent pour but « de provoquer une réponse de la part des Etats-Unis« .

Jusqu’ici la Maison Blanche s’est toujours refusée à incriminer directement Pyongyang alors que tous les soupçons se dirigeaient vers le pays outré par la sortie prochaine du film de Sony Pictures.
Tout juste s’accordait-on à dire que cette attaque « très sophistiquée » semblait venir de Corée du Nord, sans en attribuer les mérites au régime. Régime qui s’est lui, totalement défaussé du hack non sans souligner qu’il constituait un « acte légitime » et « vertueux ». Cependant, mercredi des membres de l’administration auraient affirmé anonymement à la presse que l’enquête désigne Pyongyang comme « parrain » de l’attaque.

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Désormais la Maison Blanche réfléchirait à la manière la plus diplomate possible d’accuser directement la Corée du Nord. La diplomatie est donc en action avec son balai de confirmation officiellement anonymes (ou l’inverse).
S’en prendre frontalement à Pyongyang c’est risquer de subir le courroux d’un pays ultra secret dont les réactions peuvent être imprévisibles et qui mène une communication très agressive avec ses voisins (notamment le Japon, mère patrie de Sony Corporation, désormais totalement indépendante de Sony Pictures Entertainment, société appartenant à la Sony Corporation of America) mais également autour de sa recherche nucléaire (usines d’enrichissement d’uranium détectées, essais nucléaires actés, etc.).

Les Guardians of Peace sont des « cyberterroristes »

De même, l’annonce prochaine et officielle du FBI était très attendue et devait aboutir à l’implication formelle du régime de Kim Jong Un dans l’attaque contre Sony Pictures. Ce qui vient de se produire par la voix du gouvernement américain qui a rendues publiques les conclusions de l’enquête menée par le FBI depuis les premières heures de l’attaque.

Celle-ci conclue donc à l’implication de personnalités du régime Nord-coréen qui se cacheraient derrière le groupuscule des Guardians of Peace, mais également de la Chine selon un responsable du gouvernement américain. Son implication n’est pas encore très définie, soit des hackers chinois ont prêté mains fortes aux GoP, soit des serveurs chinois ont été utilisés pour brouiller les pistes.
Pour beaucoup désormais, il n’est plus question de « pirates » et de simple « attaque », mais de cyberterrorisme, faisant entrer le monde dans une nouvelle ère.

Newt Gingrich, candidat malheureux aux primaires républicaines a dénoncé la « première cyberguerre » perdu par Sony Pictures et alerte sur un « très très dangereux précédent ».

Mercredi Sony Pictures a annoncé annuler la sortie ciné de The Interview face aux menaces proférées par les pirates qui agitait le spectre du 11 septembre à l’encontre de toute salle qui oserait diffuser le film dénoncé par le régime.

Hollywood en colère a peur pour son avenir

Cette annulation avait provoqué l’ire d’Hollywwod, jusqu’ici bien silencieux. Certains dénoncent le fait que Sony ait cédé face à ce que certains qualifient de tentative de censure et considère que les GoP ont au moins gagné la guerre médiatique.

Tentative qui n’en est plus une, Sony et même Paramount ayant préféré se censurer eux même. En effet, après l’abandon de The Interview, certaines salles revendiquaient le fait de diffuser Team America à la place, une satire du régime de Kim Jung Il (père) sortie en 2004 dans l’indifférence du régime d’alors. Mais Paramount a préféré prendre la décision de ne pas le distribuer à nouveau.

À raison puisque CNN annonce que les cyberterroristes (donc) ont fait parvenir un nouvel email aux dirigeants de Sony dans lequel ils annoncent renoncer à de futures publications suite à la décision des studios.

« C’est très sage de votre part d’avoir pris la décision d’annuler la sortie de the interview. Ce sera très utile pour vous »

Le message s’achevant sur une mise en garde pour le futur : « Nous veillerons à la sécurité de vos données, sauf si vous causez d’autres problèmes. »
C’est une bonne et une mauvaise nouvelle pour Sony que beaucoup traitent de lâche quand d’autres saluent une décision courageuse aux vus des menaces perpétrés et dont personne ne pouvait prévoir si elles allaient être mises à exécution.

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Cependant, quid des sorties futures de films qui égratigneront tels ou tels dirigeants ? Du message transmis aux hackers du monde entier à qui ce SonyLeaks pourrait donner des idées ?
Une situation qui effraie George Clooney qui voit l’avenir d’Hollywwod s’assombrir. Celui qui a tenté de faire signer une pétition en soutien à Sony Pictures pour qu’il diffuse le film, en vain, personne n’a signé la pétition (ceci a peut-être plus à voir à l’animosité désormais suscité par Sony Pictures, qu’au film), dénonce :

« Leur action n’affecte pas seulement le cinéma, mais toutes nos activités. Imaginez qu’un média prépare un article et qu’un pays n’aime pas ce qui va être écrit. Au-delà du piratage, il y a toutes les menaces qui ont été proférées. Sony n’a pas retiré le film parce qu’ils ont eu peur, mais parce que les cinémas ont dit qu’ils n’allaient pas le diffuser, parce que les avocats des salles de cinéma ont dit que si quelqu’un mourait dans un cinéma pendant la projection de “The Interview”, les cinémas en porteraient la responsabilité », a-t-il confié à Deadline

Pour l’acteur, il ne fallait pas céder aux cyberterroristes pour signifier « on ne va pas verser de rançon », comme les Etats-Unis ont coutume de procéder avec ses otages.

Ce piratage aurait déjà coûté 200 millions de dollars à la firme. Par ailleurs, après The Interview, c’est le film Pyongyang de Steve Carrell qui vient d’être annulé alors que le tournage devait débuter en mars 2015.

Si la cyberguerre semble désormais terminée du côté de Sony Pictures, la Maison Blanche ne peut plus rester inerte après ses accusations officielles… Le sens du timing !

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