Wikimedia porte plainte contre la NSA

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Par Elodie le

Accompagnée de 8 autres organisations, dont la puissante ACLU (American Civil Liberties Union) et Amnesty International, la fondation Wikimedia porte plainte contre la NSA et le département de la Justice sur la base des documents d’Edward Snowden.

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Mardi 10 mars, la fondation Wikimedia, qui comprend en son sein l’encyclopédie collaborative en ligne Wikipedia, a annoncé porter plainte contre la NSA et le département de la Justice devant une cour du Maryland.

En cause, le programme « Upstream » (« en amont ») qui permet la collecte de données transitant sur le réseau grâce au piratage des câbles et routeurs.
En 2013, la Cour Suprême avait rejeté une précédente plainte, « Clapper V. Amnesty », arguant que les plaignants n’avaient pas réussi à prouver qu’ils avaient été espionnés. Selon l’ACLU, c’est ce jugement qui avait incité Edward Snowden à sortir du bois et révéler la surveillance massive exercée par la NSA.
Aujourd’hui, Wikimedia dispose d’un document, fourni par le lanceur d’alerte, qui prouve que Wkipedia fait partie des cibles de l’agence.

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Si PRISM se charge de puiser des données directement chez les FAI, à Upstream les câbles et autres routeurs.
Bien que ces deux programmes aient été légitimés par le Conseil de surveillance de la vie privée et des libertés, commission mise en place par le Congrès américain en 2007, qui a confirmé leur légalité, l’ACLU, à la manœuvre sur le dossier, ne l’entend pas ainsi.

Pour ces organisations, l’agence de sécurité nationale viole le premier amendement de la Constitution américaine, qui garantit la liberté d’expression et d’association, tout comme le quatrième amendement qui protège le droit à la vie privée « contre les fouilles, perquisitions et saisies abusives ». La NSA outrepasse ces prérogatives – déjà bien vastes – garanties par le Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA) amendé par le Congrès en 2008.

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Wikimedia compte ainsi protéger ses membres des oreilles indiscrètes de la NSA :
« Le préjudice pour Wikimedia et les centaines de millions de personnes qui visitent nos sites web est clair : la surveillance de masse a un effet dissuasif. Elle étouffe la liberté d’expression et la libre circulation des connaissances que Wikimedia entend rendre possibles », estime Jimmy Wales, fondateur de Wikipedia, et Lila Tretikov, directrice exécutive de la Fondation, dans une tribune publiée dans le New York Times.
« En se connectant directement aux dorsales Internet, la NSA s’est attaquée au cœur même de la démocratie », assure Lila Tretikov.

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