[Données] Spotify se montre de plus en plus gourmand… et s’excuse !

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Par Elodie le

Déjà très avide de données personnelles, Spotify vient d’actualiser ses conditions d’utilisation pour ses clients US et UK et réclame toujours plus de données. Jusqu’où ?

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Capteur sensoriel, localisation, voix, photos, contacts, les nouvelles conditions d’utilisation de Spotify récemment mises à jour révèlent son appétit gargantuesque pour les données utilisateurs. Un journaliste de Forbes s’en est ému et l’article — ainsi que la polémique — s’est répandu comme une traînée de poudre sur la toile.

« [Spotify] veut avoir accès aux informations données par le capteur sensoriel de votre téléphone pour savoir si vous êtes en train de marcher, de courir, ou si vous êtes immobile. Spotify veut connaître vos coordonnées de géolocalisation, mettre la main sur vos photos et aussi aller jeter un œil à vos contacts. Et [Spotify] peut partager ces informations avec ses partenaires, afin que plein d’entreprises sachent exactement où vous êtes et ce que vous êtes en train de faire », s’émouvait ainsi Thomas Fox-Brewster de Forbes.

Spotify se cachait derrière la sacro-sainte « expérience utilisateur » pour justifier sa nouvelle politique et s’en expliquait ainsi au journaliste :

« L’accès à ces données nous permet simplement d’offrir une expérience améliorée à nos utilisateurs, et de créer de nouveaux produits personnalisés dans le futur. Les nouvelles améliorations incluent Spotify Running, qui marie le rythme [le BPM] de votre musique au rythme de votre jogging, ou encore Discover Weekly, qui créé une playlist hebdomadaire selon vos goûts. »

Mais alors, « pourquoi Spotify a besoin de vos photos ? Et de vos contacts ? », s’interrogeait encore Forbes. Questions auxquelles il n’a pas eu de réponses. Mais face à la bronca, Spotify a dû réagir et s’expliquer. Notamment lorsque certaines personnalités sont entrées dans la danse pour dénoncer ces pratiques. À l’image de Markus Persson, l’un des créateurs du jeu Minecraft, qui, dans un tweet lapidaire a annoncé à ses 2,4 millions de followers qu’il se désabonnait de la plateforme de streaming musical.

À peine 5 minutes s’étaient-elles écoulées que le CEO de Spotify, Daniel Ek, l’enjoignait à lire leur blog : « Vous avez lu notre blog ? Nous ferons une demande explicite avant d’utiliser votre appareil photo ou GPS ». Il lui a aussi expliqué que l’accès aux photos permettait aux utilisateurs de « personnaliser une playlist en ayant une image quelconque ou une nouvelle photo de profil ».

Cela ne semble pas avoir suffisamment convaincu la grande majorité des contestataires puisque quelques heures plus tard il se disait « Désolé » que les nouvelles conditions aient été mal expliquées et surtout que la firme n’ait pas su mieux communiquer sur les changements opérés. Sur le blog officiel de la plateforme, il précisait ainsi : « Nous présentons nos excuses. Nous aurions dû faire mieux pour communiquer sur ce que ces règles signifient et comment sera utilisée — ou pas — toute information que vous choisissez de partager ».

Le PDG se veut rassurant sur la confidentialité des données de ses utilisateurs : «

Si vous ne voulez pas partager ce type d’information, vous n’avez pas à le faire. Nous vous demanderons votre permission expresse avant d’accéder à n’importe laquelle de ces données — et nous les utiliserons seulement pour des finalités spécifiques qui vous permettront de personnaliser votre expérience Spotify. »

Il a donc répondu aux interrogations concernant l’accès aux contacts des utilisateurs : « Nous ne fouillerons ou n’importerons jamais vos contacts sans votre permission. […] À l’avenir, nous pourrions avoir envie de vous donner la possibilité de trouver vos amis sur Spotify en recherchant des utilisateurs parmi vos contacts si vous choisissez de le faire ».

Malgré une place de leader sur le marché du streaming musical, Spotify n’en a pas moins un talon d’Achille : sa communication. Et avec Apple Music en embuscade, il ne faudrait pas livrer trop facilement de nouveaux abonnés à la concurrence… Faute avouée, à demi pardonnée ?

Daniel Ek assure d’ores et déjà que sa nouvelle politique va de nouveau être mise à jour.

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