La Hadopi se voit doter d’un budget de 8,5 millions d’euros

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Par Elodie le

La Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des droits sur Internet (Hadopi) va bénéficier d’une enveloppe élargie pour 2016 : 8,5 millions d’euros. De quoi faire taire les mauvaises langues sur son état de mort clinique.

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Trop vite enterrée la Hadopi ? C’était sans compter l’obstination du gouvernement, soutien des ayants droits dans sa lutte contre le piratage.

Sous la présidence Hollande, avec le concours de la ministre de la Culture Fleur Pellerin, l’effort est mis pour chasser les pirates de tous bords : charte de bonnes pratiques dans la publicité pour assécher les revenus des sites qui contreviennent au copyright, comité du suivi avec les acteurs du paiement en ligne, blocage de sites pirates comme The Pirtage Bay et ses sites miroirs, etc.

La Hadopi de son côté n’a jamais aussi bien fonctionné, du moins lorsqu’il s’agit d’envoyer les mails d’avertissement, premier palier de la riposte graduée. En avril dernier, c’est 185 449 mails de 1ère recommandation qui sont parvenus jusqu’aux fraudeurs, le plus haut score depuis ce système mis en place en 2010 et la Haute autorité sanctionne de plus en plus.

Afin de lui permettre de réaliser au mieux ses missions, la Hadopi est dotée d’un budget de 8,5 millions d’euros, inscrit dans le projet de loi de finances 2016 (p72), pour l’année à suivre, soit une augmentation de 41,7 % (+ 2,5 millions d’euros) par rapport au budget de 2015.

La lecture du projet de loi de finances 2016 est également l’occasion d’officialiser l’augmentation de un euro de la redevance TV et la taxe sur les FAI (taxe sur les services fournis par les opérateurs de communications électroniques) afin de financer l’audiovisuel public. Celle-ci passe de 0,9 % à 1,2 % du chiffre d’affaires d’Orange, Bouygues Télécoms, SFR et Free. Ce que n’avait guère gouté Stéphane Richard, le PDG d’Orange :

« C’est une forme de mépris par rapport à notre secteur, à notre industrie. On considère qu’on peut bien payer ça en plus. Une fois de plus le secteur est pris pour une vache à lait. » avait-il alors tempété.

La Hadopi réclamait un budget de 9 millions d’euros. Elle a presque été exaucée. Une « récompense » suite au licenciement de son secrétaire général, Eric Walter, que l’industrie du cinéma ne portait pas dans son cœur le jugeant trop laxiste ? Qui sait…