L’émulation comme solution pour sauvegarder le “patrimoine” jeux vidéo ?

Par Cyril le

Lors d’une intervention donnée à la GDC (Game Developers Conference), Frank Cifaldi s’est exprimé sur l’importance de l’émulation dans la préservation du jeu vidéo, dont l’âge provoque aujourd’hui de nombreuses interrogations quant à la conservation de son patrimoine.

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Responsable de la restauration chez Digital Eclipse, le studio chargé de s’occuper de la Mega Man Legacy Collection pour le compte de Capcom, Frank Cifaldi craint en effet de voir les premiers jeux vidéo disparaître en raison du peu d’intérêt patrimonial d’une industrie encore jeune :

D’après les chiffres de la Film Foundation, plus de la moitié des films réalisés avant 1950 n’existent plus. Cela me terrifie […] et je me suis demandé si quelqu’un s’occupait des jeux vidéo. Si quelqu’un s’assurait que les jeux vidéo ne commettaient pas la même erreur stupide qui a fait disparaître l’héritage du cinéma.

Il y a des gens qui font attention à cela. Nous ne les appelons pas archivistes, ni archéologues digitaux ou quoi que ce soit de ce genre. Nous les appelons des pirates informatiques.

Si l’association de longue date entre piratage et émulation a donné à cette dernière une réputation peu flatteuse, Frank Cifaldi y voit la solution pour préserver les jeux anciens. Des émulateurs comme MAME (Multiple Arcade Machine Emulator) ou MESS (Multi Emulator Super System), passés en open-source au début du mois de mars, pourraient permettre de rendre de vieux jeux jouables sur de nouvelles plates-formes et d’éviter ainsi la disparition des ancêtres du jeu vidéo.

L’exemple de la Mega Man Legacy Collection, qui tourne sous Eclipse Engine et est ainsi compatible avec tous les systèmes capables de faire tourner le logiciel, est porteur d’espoir :

Nous ne sommes qu’un studio isolé. Imaginez ce que pourrait faire une entreprise comme Amazon si elle décidait de modifier le code de MAME pour le mettre au goût du jour et redonner vie à de vieux jeux.

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