Orange et Bouygues Telecom : le mariage n’aura pas lieu

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Par Olivier le

C’est mort pour l’opération de fusion entre Orange et Bouygues Telecom. Les deux opérateurs ont cessé les négociations qui duraient depuis trois mois et qui devaient redessiner le paysage des télécoms en France.

Stéphane Richard, le PDG d’Orange, et son homologue de Bouygues Telecom, Martin Bouygues, ont réuni les conseils d’administration de leurs entreprises respectives ce vendredi soir pour entériner l’échec des négociations. D’après Le Figaro, les exigences du ministère de l’Économie et de l’État, principal actionnaire d’Orange (à hauteur de 23%), ont fait capoter les négociations.

Pourtant, tout semblait finalement bien parti : Bouygues Telecom allait être découpé en petits morceaux pour être vendu aux opérateurs concurrents. Free devait ainsi reprendre une partie du réseau et les boutiques, SFR la plupart des clients mobiles. Orange allait de son côté payer une dizaine de milliards d’euros pour absorber les activités de Bouygues Telecom.

Mais voilà : les demandes de dernière minute d’Emmanuel Macron ont semble-t-il braqué Martin Bouygues. Ces exigences réduisaient la valeur de l’opérateur, qui ne pouvait monter au capital d’Orange pendant 7 ans, sans qu’il puisse profiter de ses droits de vote double pendant 10 ans. Inacceptable pour le chef d’entreprise, qui a donc claqué la porte.

Le marché français de la téléphonie mobile va donc rester à quatre opérateurs pendant un petit moment… jusqu’à la prochaine opération de grande envergure.

Voici le communiqué officiel de Bouygues Telecom :

Orange et Bouygues ont annoncé le 5 janvier 2016 avoir engagé des discussions pour explorer d’éventuelles opportunités de rapprochement entre Bouygues Telecom et Orange.

Dans le cadre de ces négociations, Bouygues a attaché une grande importance aux éléments suivants :

l’intérêt des collaborateurs de Bouygues Telecom et les garanties sociales à leur apporter dans une telle opération ;
le niveau de participation de Bouygues dans le capital d’Orange et la gouvernance associée pour être un actionnaire significatif permettant d’accompagner la croissance d’Orange sur le long-terme ;
le risque d’exécution ;
la valeur retenue pour Bouygues Telecom.
Après trois mois de discussions avec Orange, un accord sur l’ensemble de ces points n’a pu être trouvé. En conséquence, le conseil d’administration de Bouygues réuni le 1er avril 2016, a décidé à l’unanimité de mettre fin aux négociations en cours.

Dans un marché où l’hypothèse d’une consolidation devient désormais durablement exclue, Bouygues Telecom poursuivra sa stratégie stand alone qui a permis d’ores et déjà un retour à la croissance du chiffre d’affaires et de l’Ebitda dès 2015. Bouygues reste convaincu que le marché des télécoms représente un potentiel de croissance important porté par le développement exponentiel des usages numériques et que Bouygues Telecom est particulièrement bien placé sur ce marché pour bénéficier de cette dynamique. Il dispose en effet d’un avantage concurrentiel fort et durable grâce à son portefeuille de fréquences et à son réseau 4G, reconnu comme l’un des meilleurs du marché, et il continuera d’animer fortement le marché du Fixe.

Dans ce contexte, Bouygues confirme un objectif de marge d’Ebitda de Bouygues Telecom de 25% en 2017 et de 35% à plus long terme.

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