Nouveau nom, nouvelles chaines télé, SFR devient un groupe médias

Business

Par Elodie le

C’est au son d’une marche nuptiale remixée que Michel Combes, PDG de SFR et directeur des opérations du groupe Altice, et Alain Weill, PDG de NextRadioTV et DG des activités médias du groupe Altice, ont acté le début de la convergence globale faisant de SFR, le premier opérateur de contenus en France.

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Adieux SFR, bonjour SFR Groupe. Après le rachat par SFR d’Altice Media Group, il réunira trois pôles d’activités : “Télécoms”, avec SFR pour la distribution et la diffusion et dont le DG sera Michel Paulin, “Media” avec SFR Media et “SFR publicité”, tout deux dirigé par Alain Weil, qui entre par la même occasion au conseil d’administration de SFR.

SFR devient ainsi un véritable éditeur de contenus et proposera 5 offres thématiques : presse, sport, news, entertainment (divertissement) et family

SFR Presse

Avec cette offre, SFR entend « révolutionner l’accès à la presse écrite » en offrant aux abonnés un « kiosque à la demande ». Comment ? Avec 17 titres de presse, disponibles la veille de leur parution, et accessibles en illimité depuis l’option éponyme dont nous vous parlions il y a peu.

Pour Alain Combes, l’enjeu est de permettre à la presse de changer de dimension en leur permettant de capter les 18 millions d’abonnés de l’opérateur. L’option sera disponible gratuitement pour tous les abonnés SFR, mais également aux non abonnés via l’application SFR Presse disponible pour 19,99€/mois. SFR n’exclut pas d’ouvrir cette offre aux autres titres de presse intéressés. La carotte ? Une « explosion de la publicité » promet Michel Combes. Avec 18 millions de lecteurs potentiels, les appétits vont s’aiguiser.

Pour Alain Weil, cette convergence doit permettre aux différents titres de presse de développer leur audience, mais aussi de générer de nouveaux projets : s’il n’a pas été très disert sur la question, il a évoqué la création de Libé Tv et pourquoi pas d’un projet commun entre l’Expansion, BFM Business et Mieux vivre votre argent (propriété groupe).

SFR Sport

Cinq nouvelles chaines dédiées au sport vont voir le jour grâce aux nouveaux droits sportifs acquis par le groupe.

SFR Sport 1, chaine « Premium » 100% foot avec la Premier League principalement et le foot européen.

SFR Sport 2 : Basket, Tennis, Rugby, ski, volley-ball, etc.

SFR Sport 3 dédié au sport extrême, du surf en passant par le motocross, le skate, le kite surf, etc.

SFR Sport 4K qui comme son nom l’indique diffusera les morceaux choisis en 4K.

SFR Sport 5 consacré aux sports de combat et aux arts martiaux : MMA, championnat de boxe WBO et même de sumo, etc.

SFR Sport devrait se doter d’une application lancée en mai en même temps que la finale de la Coupe de France de basket.

Ces chaines seront disponibles aux autres distributeurs et devraient être proposées en pack. Michel Combes n’a pas fourni de tarif, encore à l’étude.

SFR News

SFR News comprendra la palette de chaines déjà existantes (BFM TV, BFM Business et i24 news – détenue à titre personnel par Patrick Drahi) et sera enrichie de deux nouvelles chaines, BFM Sport, directement en concurrence avec l’équipe 21 (à ceci près qu’elle est disponible sur la TNT) et BFM Paris.

BFM Sport sera donc une cousine, sœur, choisissez de BFM TV, mais entièrement consacré au sport et diffusera notamment l’after foot de RMC. La chaine sera lancée à l’occasion de l’Euro 2016, le 7 juin.

Quant à BFM Paris, lancée en octobre, elle sera consacrée à l’information locale des Franciliens : événements, culture, actualités.

La chaîne devrait être également dotée d’un hélicoptère et de scooters. Vivement les courses poursuites filmées dans Paris s’échouant dans les embouteillages du périph’.

SFR Play

Avec SFR Play, l’opérateur diffusera 2 séries originales coproduites avec HOT, câblo-opérateur israélien racheté par Patrick Drahi en 2009, Sirens et Medici : Master of Florence, avec Dustin Hoffman et Richard Madden (Robb Stark de Game of Thrones) au casting.

Ce qui permettra à l’opérateur d’enrichir Zive, son service de vidéo à la demande. L’opérateur devient ainsi producteur de séries originales.

SFR Family

Enfin, SFR Family propose enfin le partage de contenus et Go d’internet mobile au sein de la famille. Jusqu’à 40 Go d’internet mobile pourront être dispatcher entre les différents devices de la famille.

Comme annoncée, la publicité devrait « exploser », les trois régies convergent elles aussi.

À l’instar de Cablevision aux États-Unis (racheté par Altice en 2015), Michel Combes entend proposer des « publicités adressées », autrement dit des publicités ciblées, prenant pour exemple une personne qui a un chien qui se verra proposer des publicités Canigou… Élémentaire mon cher !

Des publicités ciblées provenant des annonceurs des chaines SFR, mais ouverture oblige, aux autres chaines avec commission ponctionnée au passage.

À la question de savoir si SFR a validé cette initiative avec les organismes compétents (protection des données, etc.) pour valider ces publicités ciblées interdites en France, Alain Weil répond : « Nous n’avons pas la même notion de ce qu’on peut faire sur le câble et l’ADSL ». Ah. Mais encore ? « Prématuré d’en parler ». Ironique quand Combes et Weil n’ont pas manqué de vanter les mérites de ce qui se fait aux États-Unis (la référence perpétuelle), tout en tapant sur les GAFA (nom désignant les géants du web, dont les plus connus Google, Apple, Facebook, Amazon) qui s’accaparant toutes les parts du gâteau…

Beaucoup de nouveautés donc, qui montrent toute l’ambition de l’opérateur de devenir un « éditeur de contenus cross media » avec la convergence télécoms, médias/contenus et publicité. Avec la même réussite que Vivendi en son temps ?

9 réponses à “Nouveau nom, nouvelles chaines télé, SFR devient un groupe médias”

  1. Donc si j’ai bien compris, on a là un groupe de plus qui réunit la communication, la presse et la publicité. Magnifique. On a vraiment besoin de ce genre d’initiatives.

  2. Je reste perplexe, je n’ai jamais eu une bonne expérience avec SFR pour ma part et ces gros groupe possédant une grande partie des médias et proposant tout un tas de service me rendent méfiant. Après pour la partie Sport en ayant acquis les droits de la premiere league ça semble être costaud d’autant plus qu’ils veulent proposer de nombreux sports (après à voir dans les faits). Le principe de dispatcher la data dans l’offre Family est une aussi une bonne idée.

    Par contre concernant la VOD et leur série italo-franco-israélienne , n’est pas Netflix qui veut. Et cela risque d’être assez faible niveau contenu et qualité.

  3. Très bon article !

    Comme le dit Lumenis, c’est inquiétant. Les intérêts de la pub ne font pas bon ménage avec l’objectivité que DEVRAIT avoir la presse…

    Ah et :
    *GAFA (ou GAFAM) : Google, Apple, Facebook, Amazon / (Microsoft)

  4. formidable .. en attendant au niveau réseau mobile on se trimballe du Edge même en RP (en ce moment même à CDG ) , et des coupures de comm si par chance on passe en 4G …

  5. Ce qui m’inquiète c’est l’affirmation : “Comme annoncé, la publicité devrait « exploser »”
    Déjà que la pub tous les médias nous en saturent, alors s’il elle explose il ne va plus rester de place pour les contenus.

    Et s’il y a plus de place pour les contenus, donc plus de contenus, la phrase “SFR devient ainsi un véritable éditeur de contenus” doit être lue : “SFR devient un véritable publiciste”.

    Et s’il est publiciste SFR ne peut plus prétendre à l’astuce fiscale de la TVA à 2,1%.
    Enfin je dis cela pour ces messieurs du fisc qui pourchassent l’optimisation fiscale, des fois qu’ils n’auraient pas vu venir la manœuvre.

    • on connait tous le truc :
      “plus il y a de gruyère, plus y-a de trous ….. donc plus il y a de gruyère, moins il y a de gruyère !”
      Ici, le concept est repris avec la pub !

      Sinon, ne t’inquiète pas : SFR, comme tous les grands groupes sont des pros de l’arnaq…… je veux dire de l’optimisation fiscale. Donc le 2.1% restera valable pour les branches médias mais pas pour la régie pub qui trouvera bien un truc à facturer aux autres entités du groupe pour réduire sa marge imposable.

  6. La convergence d’un des opérateur en groupe média aurait du être faite il y a deux ans pour devenir facilement un Netflix a la francaise.
    La ca va etre plus difficile de s’imposer tant les packages médias deviennent nombreux.
    Mais l’avantage d’être également un opérateur reste énorme.
    La grosse question est de comprendre pourquoi nos grands groupes ont toujours deux ans de retard. Sans doute des décisionnaires un peu ringards et une vision qui vient de l’industrie à papa ou l’objectif est simplement de faire fructifier une rente financière, ou l’effort est juste sur le lobbying politique pour avoir des avantages sans innovation.

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