[SFR] Patrick Drahi défend et assume l’optimisation fiscale devant les sénateurs

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Par Elodie le

Appelé à s’exprimer devant la Commission des affaires économiques du Sénat, le boss d’Altice, maison mère de SFR, assume totalement l’optimisation fiscale pratiquée par sa société, sans laquelle il n’aurait pas pu faire des affaires en France.

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« Quelqu’un qui optimise sa fiscalité, c’est quelqu’un de malin » assène Patrick Drahi devant les sénateurs réunis en Commission. Invité à s’exprimer sur le déploiement de la fibre, les investissements et dettes du groupe, le boss d’Altice s’est du même coup expliqué sur ses pratiques d’optimisation fiscale régulièrement pointées du doigt.

Deux jours plus tôt, l’association 60 millions de consommateurs tirait à boulets rouges sur SFR dénonçant « l’embrouille » fiscale de l’option SFR Presse.

Comme nous l’indiquions dans un précédent article, normalement facturée 19,99 €, l’option sera gracieusement offerte à tous les abonnés (clients fixes et clients mobiles avec voix illimitée) via une réduction de ce même montant sur leur forfait. Et comme pour toute offre de presse, SFR appliquera la TVA réduite à 2,1 %, contre 20 % de TVA classiques pour les forfaits. Lui permettant du même coup d’engranger des millions de bénéfices… au détriment de l’État.

Après avoir rappelé que l’opérateur avait « déjà appliqué deux hausses tarifaires sur les abonnements SFR box : début mars, les forfaits ont augmenté de 1,19 €, puis de 1 € début mai », 60 millions de consommateurs dénonce « le tour de passe-passe fiscal du fournisseur ».

« En analysant quelques factures, nous avons pu nous apercevoir que l’opérateur procède à un véritable embrouillamini de chiffres, facturant la fameuse option là, la remisant ici, reportant parfois une partie de cette remise sur une autre partie de la facture quand l’abonné possède un abonnement Internet + téléphonie mobile. Dans certains cas, c’est bien simple : il est impossible de s’y retrouver ! », tance encore l’association.

« Tout ceci est-il bien légal ? C’est à l’État d’en juger » ajoute-elle. Les Sénateurs en ont donc profité pour questionner Patrick Drahi, qui ne s’est absolument pas démonté. Expliquant dans un premier temps qu’il était « très difficile de faire du business en France », Drahi déroule ensuite :

« Parlons d’optimisation fiscale: qui cherche à remplir sa déclaration d’impôts pour payer plus d’impôts ? Personne ! Si je peux lever autant de capitaux, c’est aussi parce que je n’habite pas en France. Les fonds sont à Londres, New York, Pékin… L’un de mes principaux banquiers, c’est BNP, qui va placer ma demande sur le marché mondial. SFR paie ses impôts en France et elle en paye beaucoup. Et si elle en paye beaucoup, c’est parce que je l’ai redressée. Quand on fait des affaires en France, on paie ses impôts en France. »

Autre question ?


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