Twitter et Facebook suppriment des outils utilisés par la police pour surveiller des manifestants

Général

Par Elodie le

Dans le cadre des manifestations Black Lives Matter, les forces de l’ordre ont utilisé Facebook, Twitter mais aussi Instagram pour surveiller et poursuivre les manifestants. Une association américaine de défense des libertés civiles a levé le lièvre et a poussé ces entreprises à supprimer l’accès à ces outils.

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Geofeedia est une entreprise d’analyse de données dont la police utilisait les outils, disponibles depuis Twitter, Facebook et Instagram, pour localiser et, in fine, poursuivre les manifestants. Comme beaucoup d’applications disponibles sur ces réseaux, elles utilisent les données de ces plateformes pour leurs propres services. Si l’utilisation commerciale du flux de données Twitter est autorisée, son utilisation à des fins de surveillance est interdite.

Une pratique dévoilée et dénoncée par l’ACLU (American Civil Liberties Union) dans le cadre d’une campagne de demande de documents publics issus des différentes autorités policières californiennes. La puissante association américaine de défense des libertés civiles « a obtenu des documents montrant que Twitter, Facebook et Instagram (propriété de Menlo Park) ont donné un accès à des données sur leurs utilisateurs à Geofeedia, le développeur d’un produit de surveillance des réseaux sociaux qui a été vendu aux forces de l’ordre comme un moyen de surveiller des activistes et des protestataires ».

Les réseaux sociaux utilisés comme outil de surveillance

En septembre dernier, le Daily Dot expliquait ainsi que le département d’État de Denver avait payé 30 000 $ (ponctionné sur des fonds saisis) pour utiliser les outils de Geofeedia.

Peu de temps après les révélations concernant Yahoo et sa collaboration (récente) avec la NSA et le FBI, les accusations de l’ACLU font tache pour Twitter et Facebook qui assurent régulièrement prendre en haute considération la vie privée de ses utilisateurs.

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Twitter et Facebook coupent le robinet à données

Une situation gênante, mais vite réglée. Twitter et Facebook (et donc Instagram) ont interdit l’accès à certaines de leurs données utilisateurs à Geofeedia, coupant du même coup le flux aux forces de l’ordre.

« À partir des informations contenu dans le rapport de l’ACLU, nous suspendons immédiatement l’accès commercial de Geofeddia aux données de Twitter », a indiqué pour sa part la plateforme de microblogging dans un tweet.

Facebook a annoncé avoir fait de même : l’accès de Geofeedia à son API, la plateforme pour les développeurs, a été suspendu pour violation des conditions d’utilisation.

La surveillance décomplexée et mercantile

« C’est un fait avéré qu’à Oakland (Californie) et Baltimore (Maryland), les forces de l’ordre ont utilisé Geofeedia pour surveiller des mouvements de protestations », a indiqué l’ACLU.

La société incriminée n’a pas commenté l’information, mais l’ACLU a publié des documents internes à la société dans lequel elle se vante d’avoir « couvert Ferguson/Mike Brown à l’échelle nationale avec un très grand succès », en référence aux manifestations et échauffourées qui ont embrasé la ville après la mort de Michael Brown, jeune afro-américain abattu par un policer alors qu’il était non armé.

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