Des scientifiques découvrent un virus dont l’ADN est composé de gènes de la veuve noire

Général

Par Jules le

Pour la première fois de l’histoire, le monde scientifique a identifié un virus composé à 30% de gênes de veuve noire.

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Seth et Sarah Bordenstein, tous deux biologistes à l’Université de Vanderbilt dans le Tennessee, ont découvert que le virus WO était un petit voleur. Ce bactériophage qui infecte les Wolbachia, des bactéries présentes chez les insectes ou les crustacés a « emprunté » une partie de l’ADN de la veuve noire. Plus précisément les gènes codant l’alpha-latrotoxine, le venin de l’araignée.

« Découvrir de l’ADN [dans le virus WO] lié aux gènes créant le venin de la veuve noire a été une surprise totale, puisque c’est la première fois que l’on découvre un bactériophage transportant de l’ADN animal« , explique Seth Bordenstein.

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D’ordinaire, les virus se contentent d’attaquer un seul type de cible: les bactéries, les procaryotes (cellule sans noyau) ou les eucaryotes (cellule avec un noyau). Mais pour une raison encore inconnue, le virus WO est capable d’infecter à la fois les bactéries et les eucaryotes. « C’est le premier virus connu qui soit en mesure d’infiltrer plusieurs types d’organismes vivants« , a confié Elizabeth McGraw, chercheuse à l’Université de Monash, Australie, à The Atlantic.

Un virus sans gêne

Mais pourquoi voler les gènes codant l’alpha-latrotoxine ? Selon le couple Bordenstein, le virus WO aurait muté pour infecter plus rapidement les Wolbachia. Car ces dernières se cachent au cœur des cellules animales. Du coup, le virus WO doit traverser deux membranes (animale et bactérienne) pour perpétrer son méfait. Or, l’alpha-latrotoxine sert à perforer les membranes cellulaires. Ainsi équipé de cette toxine, le virus WO peut facilement voyager de proie en proie pour en infecter toujours plus.

Cerise sur le gâteau: en plus de morceaux d’ADN de la veuve noire, les scientifiques ont également découvert des gènes d’autres animaux dans le code génétique du virus WO. Ces gènes lui servent à détecter les réponses immunitaires des insectes qu’il infecte et à les éviter. Serait-on en face du prochain fléau de l’humanité ?