La NASA veut mettre le feu à ses capsules pour mieux comprendre les incendies dans l’espace

Espace

Par Henri le

Le feu est un élément extrêmement difficile à maîtriser lorsqu'il prend des proportions importantes. Et c'est aussi une des plus grandes peurs des ingénieurs de la NASA.

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Le feu détruit hélas assez d’hectares de forêt chaque année pour que l’on sache comment il se comporte sur Terre. Ce n’est cependant pas la même chose dans l’espace, où l’on connait finalement assez peu la façon de se propager de ce dernier. C’est pour cela que la NASA a récemment lancé la deuxième phase de la mission Saffire (pour Spacecraft Fire Safety), qui va servir à mieux comprendre la propagation des flammes en environnement confiné et en micro-gravité.

Incendie volontaire

En effet, la possibilité d’un incendie à bord d’une capsule spatiale doit être prise au sérieux, notamment en vue de voyages de longue durée pour la conquête de Mars. Le programme Saffire va donc servir à trouver différentes parades afin que les astronautes soient mieux préparés à cette éventualité. Les premiers tests ont été effectués l’été dernier, à bord d’une capsule de type Cygnus, utilisée pour ravitailler la Station Spatiale Internationale en nourriture, fournitures et matériel scientifique.

Étant donné que cette dernière allait de toute façon être détruite en revenant dans l’atmosphère, les ingénieurs ont décidé d’y mener la première phase de la mission. Ils y ont donc installé un panneau combustible (vous pouvez voir le fil incandescent à droite sur les vidéos), composé d’un maillage de fibre de verre et de coton, pour commencer l’expérience.

La sécurité avant tout

La seconde phase de test a débuté depuis le 21 novembre, et s’intéresse à la combustion de neuf éléments soigneusement sélectionnés. Ils avaient tous les mêmes dimensions, soit 8 × 28 cm. Parmi eux, du Nomex, un composé synthétique ignifugé que l’on retrouve dans la confection des habits de pompier ou de pilotes de course. Cet ensemble de fibres aramide, donc résistant à la chaleur, dispose d’une faible combustibilité et est auto-extinguible. Il est donc idéal pour du matériel de sécurité.

Embrasement utile

Les autres matériaux se retrouvent évidemment en masse dans la station, puisqu’il s’agit de composites à base de silicone, des fragments de réservoir et même de verres acryliques (que l’on utilise pour les vitres des capsules). Une fois la combustion entamée, toutes les données sont envoyées dans différents laboratoires de la NASA au sol, qui pourront tirer leurs conclusions.

Un troisième essai aura lieu vers mars 2017. Vous l’aurez compris, le traitement de ces questions de sécurité est aussi un moyen de mener une étude scientifique unique. Ou comment lier l’utile à l’agréable.