Le risque quand on achète une console dans les premiers jours du lancement, c’est qu’on s’expose à des défaillances techniques que le constructeur n’a pas prévues et qu’il n’a pas eu le temps de corriger. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé à tous ceux qui ont rencontré des problèmes avec leur Joy-Con gauche qui n’arrêtait pas de se déconnecter. Toutefois, des problèmes plus graves peuvent survenir, comme une console qui se brique sans prévenir.
My Switch has bricked. Error code screen locked on soft and hard reboot. Can’t even access home screen. I have never had a console brick. pic.twitter.com/pY4oLmpX6Z
— Anthony John Agnello (@ajohnagnello) 22 mars 2017
Le journaliste américain Anthony John Agnello qui travaille pour le site Games Radar a publié la mésaventure qu’il a eue avec sa propre Switch. Du jour au lendemain, la machine achetée trois semaines auparavant s’est mise à afficher un message d’erreur, sans autre possibilité de l’outrepasser. Après un petit appel au service après-vente qui n’était pas en mesure de l’aider par téléphone, il se retrouve obligé d’envoyer sa machine pour réparation ou remplacement. C’est finalement la deuxième option qui sera privilégiée par Nintendo. C’est une console neuve qui lui reviendra agrémenté d’une petite notice d’explication indiquant clairement que Nintendo a été “incapable de récupérer la moindre donnée (sauvegardes de jeux, paramètres, etc.) associée au système”. Autant vous dire qu’Agnello n’a pas très bien vécu la perte de ses plus de 50 heures passées sur The Legend of Zelda: Breath of the Wild.
.@NintendoAmerica sent back ny Switch. With this letter explaining, yes, we wiped all your Zelda data. No apology. No TV output on set up. pic.twitter.com/cK3cCRMa5l
— Anthony John Agnello (@ajohnagnello) 29 mars 2017
Le problème ici n’est clairement pas le briquage de la console. Ça peut arriver et il s’agit très clairement d’un cas isolé. Mais en 2017, sortir une console qui ne donne aucun moyen de faire de sauvegarde de ses données et qui verrouille même les données sur la carte SD afin d’en limiter l’usage à une seule console est franchement inadmissible. C’est d’autant plus incroyable que la console vous force à installer les sauvegardes dans la mémoire interne de la machine, même si vous possédez la version cartouche d’un jeu. Ce qui veut dire qu’en cas de défaillance de la mémoire de la console, c’est fini. Il n’y a rien à faire.
Nintendo et les données, une lacune jamais comblée
Rendez-vous compte, Sony permettait déjà une sauvegarde dans le cloud des données de jeu depuis mars 2011. Depuis plus de 6 ans. Vous pouvez opposer le fait que le cloud est techniquement payant puisqu’il est réservé aux abonnés PS Plus. C’est vrai, mais à en croire le site officiel de Nintendo, je n’ai pas l’impression que ce service sera intégré à l’abonnement payant que le constructeur compte demander aux utilisateurs à partir de cet automne.
Comment peut-on prétendre sortir une console, en demander 300 euros — voire plus — et ne pas proposer des fonctionnalités que même des consoles d’il y a quasiment deux générations en arrière proposaient déjà ?
Certes, des mises à jour sont possibles. Après tout, ça a été le cas sur 3DS où le nombre de transferts de données d’une console à l’autre a progressivement été rendu illimité. Ou encore sur Wii U où le transfert de données n’était pas possible avant une mise à jour salutaire qui permettait enfin de le faire sans passer par le SAV. On peut également espérer que la politique de Nintendo à ce sujet changera, tout comme sa politique de verrouillage régional dont la Switch est heureusement exemptée.
Bref, je ne peux que partager la colère de ce journaliste qui, conclut-il, n’a même pas eu le droit au moindre début d’excuse de la part de Nintendo.

