Voulez-vous connaitre les notes d’hygiène des restaurants, abattoirs et supermarchés français ?

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Par Elodie le

Le gouvernement lance ce lundi, un site internet qui recense les notes issues des contrôles sanitaires effectués chaque année en France dans les restaurants, abattoirs, supermarchés et autres cantines ou établissements de bouche. Une bonne nouvelle pour les consommateurs, une moins bonne pour les professionnels.

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Delicatessen

Lorsqu’il s’agit d’évoquer les contrôles sanitaires, on pense parfois à ces reportages en caméra cachée diffusés dans des magazines d’enquête, ou à ces vidéos accablantes provenant des abattoirs (maltraitances animales, hygiène) français.

Ils ne sauraient représenter une généralité : 55 000 contrôles ont lieu chaque année en France, aussi bien dans des restaurants, cantines, boulangeries, boucheries, supermarchés, traiteurs ou fromageries.

55 000 contrôles accessibles en ligne

Depuis le 3 avril, le résultat de ces contrôles sanitaires est disponible en ligne sur le site Alim-confiance.gouv.fr, fruit de la « loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt » adoptée fin 2014, « après trois ans de polémique », rappelle Le Monde.

Les notes attribuées sont représentées par quatre smileys : « Très satisfaisant », « Satisfaisant », « À améliorer » et « À corriger de manière urgente ». Les trois premiers smileys n’induisent « pas de risque pour la santé du consommateur », contrairement au dernier qui implique, en outre, une fermeture d’administrative d’urgence de l’établissement, indique à l’AFP une responsable du ministère de l’Agriculture.

Transparence et confiance

Pour le moment, seuls les résultats de 1 000 à 1 500 contrôles effectués en mars sont recensés sur le site et l’application dédiée (disponible sur Android, iOS et Windows Phone). L’intégralité des résultats des 55 000 contrôles sera ajoutée progressivement et restera disponible pendant un an.
Après quelques test, le site parait quelque peu à la peine pour l’instant : les icônes des différentes catégories s’affichent, puis ne s’affichent plus, les multiples recherches ne donnent rien, dans un sens, comme dans l’autre.

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capture d’écran

Ce nouveau dispositif a pour objectif d’informer et rassurer le consommateur. « Les objectifs de cette mise en transparence sont de valoriser les établissements qui travaillent bien, de répondre à la demande des consommateurs et […] d’améliorer le niveau global d’hygiène dans tout le pays », précise-t-on au ministère. Mieux, les pays voisins (Royaume-Uni, Pays-Bas, Belgique, Irlande, Danemark, Finlande, Lituanie, Norvège) ayant mis en place des mesures similaires observent une amélioration générale du niveau d’hygiène des établissements.

Un dispositif contesté par les professionnels

Un gage de transparence qui n’est pas du gout de tous. Les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration craignent la mauvaise publicité qui pourrait leur être faite. Pourtant, ils ont obtenu de ne pas être obligés d’afficher leur note sur leur devanture.

Selon l’UMIH (Union des métiers et des Industries de l’Hotellerie), il faudrait « deux niveaux de notes : soit le restaurant est conforme, soit il ne l’est pas et il est fermé », explique l’un de ses responsables, Hubert Jan. Selon lui, la note peut varier de « Très satisfaisant » à « Satisfaisant » pour « une simple dalle de carrelage fendu ». Il dénonce une mesure « anxiogène pour le consommateur », mais aussi un argument publicitaire offert à la concurrence déjà contrôlée, face à d’autres qui ne le seraient pas encore.

Plus que tout, les professionnels s’inquiètent de leur e-réputation : « Ils vont publier les smileys sur les fiches de restaurants, et nous serons marqués au fer rouge de façon indélébile », peste Jan.

Du côté du ministère, on assure que sur l’ensemble des contrôles effectués, seuls 1 % des établissements ont du fermer, la grande majorité ont reçu les notes « Satisfaisant » ou « Très satisfaisant ».

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