En Allemagne, un robot-prêtre pour bénir les fidèles

Robots

Par Henri le

Voilà une nouvelle qui devrait soulever le débat auprès des protestants allemands. Elle est pourtant l’initiative d’un homme d’Église.

La robotique ne cesse d’avancer. On évoquait avec vous le premier robot officier de police aux Émirats Arabes Unis, mais voici venir un modèle un peu plus original. Pour fêter les 500 ans de la Réforme Protestante, qui marqua la rupture avec Rome dès le XVIe siècle sous l’impulsion de Martin Luther, un pasteur a installé un robot-prêtre pour bénir les fidèles dans l’église de Wittenberg.

La machine, nommée BlessU-2 (pour « je te bénis aussi ») peut lire des extraits de la Bible en sept langues différentes comme l’allemand, l’anglais, le français, l’espagnol ou le polonais. Il est d’ailleurs possible de choisir une voix d’homme ou de femme. Comme vous pouvez le constater, il est équipé de deux bras, d’une tête assez amusante, mais aussi d’un écran situé sur le torse. Une unité de secours est évidemment prévue en cas de panne.

Polémique naissante ?

Stephen Krebs, à l’origine de cette initiative, veut pousser les gens à s’interroger sur la nécessité des êtres humains pour la bénédiction. Il pose ainsi la question de l’intelligence artificielle et de son apport au monde religieux. Mais contrairement aux touristes de passage, les fidèles se montrent plus critiques face à au robot. Il précise au Guardian :

Les [visiteurs de passage ] sont curieux, amusés et intéressés. Ils sont vraiment portés par l’idée et se montrent très positifs. Mais dans l’église, certaines personnes pensent que nous voulons remplacer les pasteurs par des machines. Ceux qui sont très religieux sont les plus critiques.

Malgré son expérimentation, Krebs a toutefois précisé que ce genre de machine ne pourra jamais remplacer le rôle des pasteurs. En prenant les devants sur les éventuelles critiques, il explique également que cette initiative n’était pas censée pallier au manque de prêtre en Europe.

Résolument geek, il semble surtout vouloir comprendre si des interactions théologiques sont possibles via l’intermédiaire des machines, qui ne cessent de se démocratiser. Si l’idée peut déranger, les questions qu’elle soulève sont assez fascinantes.