[Interview] Anthony C. Ferrante, réalisateur de la saga Sharknado : “On n’a jamais pensé que cela exploserait de cette manière”

Cinéma

Par Henri le

Le cinquième épisode de la saga Sharknado sera diffusé le 10 août sur la chaîne Syfy. Pour l’occasion, nous avons pu nous entretenir avec Anthony C....

Le cinquième épisode de la saga Sharknado sera diffusé le 10 août sur la chaîne Syfy. Pour l’occasion, nous avons pu nous entretenir avec Anthony C. Ferrante, qui a réalisé l’ensemble des films de la franchise. Un bon moyen de comprendre le succès étonnant de ce projet nanardesque.

C’est déjà le cinquième épisode de la franchise. Vous attendiez vous à un tel succès ?

Personne ne s’attendait à ce que le premier épisode soit un si grand succès. Arriver au cinquième est déjà complètement fou. Et y arriver en cinq ans encore plus ! C’est tout de même assez flatteur de réaliser une série de films qui passionnent autant les fans, et les font revenir chaque année.

Los Angeles, New York, toute la côte Est, Las Vegas… Comment choisissez-vous les destinations pour chaque film ?

On en discute toujours avant, mais cela nous parait assez évident à chaque fois. New York a fait l’unanimité et on parlait déjà de Washington D.C lors du tournage du second. On a toujours pensé à l’international, mais on n’en avait pas fini avec les États-Unis. Donc pour le quatrième, Las Vegas fut l’occasion de détruire toutes les autres villes américaines que nous n’avions pas pu visiter. Malheureusement, vu que la Tour Eiffel termine dans les chutes du Niagara dans Sharknado 4, on n’a pas pu incorporer Paris dans le dernier !

Qu’est-ce qui rend le quatrième épisode différent des autres ?

Ce qui nous a le plus tenu à cœur, c’était la volonté de garder un esprit frais. Pas seulement pour les spectateurs, mais aussi pour nous. Notre concept est quand même relativement simple : une tornade pleine de requins. Mais on a réussi à garder notre casting original intact avec Ian Ziering et Tara Reid. Fin et April, ainsi que leur famille représentent le cœur du film. Désormais, les gens ont envie de savoir comment ce groupe va continuer à évoluer. C’est une des manières de rester différent.

Une autre serait de sans cesse explorer d’autres genres cinématographiques à travers l’univers de Sharknado. Le premier restera toujours ce film un peu fou et idiot sur une tornade de requin. Le second ressemblait plus à un film catastrophe épique à travers New York. Le troisième lorgnait plus vers l’espionnage en plein cœur de Washington. L’avant-dernier penchait lui vers le film de super héros et celui-ci évoque plus le grand film d’aventure. Il nous permet de jouer sur la carte Indiana Jones ou James Bond. Tant que l’on continuera à agrandir l’univers de la sorte, on pourra toujours rester innovant.

Quelles ont été vos inspirations pour l’ensemble de la franchise ?

On essaye toujours de faire un blockbuster avec un budget de film indépendant. On a constamment envie d’offrir ces moments gigantesques qu’on trouve chez les grands studios, tout en voguant à travers les genres. On longe toujours la limite entre la parodie et l’hommage, mais toujours à travers la lorgnette de l’univers Sharknado.

Qu’est-ce que qui vous fascine tant dans les films catastrophes ?

Je pense sincèrement qu’une bonne partie des gens aiment ce genre de film. Mais le monde est tellement rempli de désastres imprévisibles qu’il peut être amusant d’en proposer une version fantasmée. C’est exactement ce que fait Sharknado. Une tornade de requins n’a jamais détruit aucune grande ville, et on espère que ce ne sera jamais le cas. C’est donc une sorte de folie que le réalisateur et les spectateurs décident d’embrasser. Cela nous permet d’enfiler notre casquette de fanfaron et d’essayer des choses que les films catastrophes plus traditionnels n’oseraient pas faire. Pendant qu’on réfléchissait sur Sharknado 5, je me suis dit qu’il serait amusant que Fin utilise une aiguille de Big Ben comme un javelot. Si c’était un « vrai » film, on trouverait ça trop tiré par les cheveux. Mais dans le monde de Sharknado, ça passe.

Étiez-vous préparé à rassembler une telle communauté de fans autour de cette folle idée ? Pensez-vous que les gens avaient juste besoin de rire ?

Les spectateurs nous ont trouvé et on fait de nous ce que nous sommes. Le long-métrage a bénéficié d’un marketing minimum. C’était juste un autre film catastrophe avec des animaux géants. On n’a jamais pensé que cela exploserait de cette manière, mais je pense que Sharknado est arrivé pile au bon moment. C’était un concept stupide, qui a débarqué durant un été rempli de films tristes. C’était gratuit, à la télévision, et étrangement assez innocent pour que toute la famille puisse le regarder.

Je pense que les gens avaient besoin d’un événement estival autour duquel se rassembler et ils nous ont choisis, ce dont je suis à jamais reconnaissant. Maintenant nous sommes devenus un rendez-vous annuel. C’est un phénomène très rare que l’on doit uniquement aux fans. On leur doit une fière chandelle, et à chaque nouvel épisode on essaye d’en prendre conscience et de ne pas jouer avec ça. On tente de rester fidèle à nos personnages, leur façon de penser et tout ce qui fait que ces films sont ce qu’ils sont.

Savez-vous où la franchise Sharknado a le plus de succès dans le monde ?

Les films sont disponibles à peu près le même jour à l’international et aux États-Unis, donc on dispose d’une belle audience. On s’est rendu compte que lorsque l’on filme dans cinq pays différents, les gens nous voient et se disent « ils doivent tourner un Sharknado en ce moment » ! Je ne sais pas exactement où nous sommes les plus populaires, mais on a une solide base de fan qui nous suit depuis le début. Avec Global Swarming, on espère l’étendre encore plus. J’ai hâte que les gens découvrent ce qu’on a prévu pour la suite.