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En pleine canicule, l’IA est en train de devenir un très gros problème

Refroidir les serveurs de l’intelligence artificielle réclame des milliards de litres d’eau et rejette de la chaleur à plusieurs kilomètres à la ronde.

Plus de neuf degrés au-dessus des normales de saison. Une canicule que Météo-France qualifie de « précoce, remarquable et durable », sans équivalent pour un mois de mai depuis le début des relevés au XIXᵉ siècle. Pendant que la France passe ses départements en vigilance, certains outils continuent de pomper l’eau potable sans aucune restriction.

Des milliards de litres gaspillés

Ces outils, ce sont les data centers, et plus particulièrement ceux qui font tourner l’intelligence artificielle. Car un serveur d’IA n’a rien à voir avec un serveur classique en termes de chaleur produite. Un ordinateur dédié à l’IA consomme beaucoup, et la méthode la plus répandue pour le refroidir nécessite de l’eau en très grande quantité, qui circule dans des tours aéroréfrigérantes avant de partir en vapeur.

Selon l’Agence internationale de l’énergie, les data centers ont déjà englouti 560 milliards de litres d’eau dans le monde en 2023, un volume qui devrait doubler d’ici 2030. Les géants de la tech, quand ils acceptent de communiquer sur leur consommation, confirment la tendance : Google déclare avoir consommé 30 milliards de litres d’eau pour la seule année 2024, Microsoft 5,8 milliards.

Une machine à fabriquer de la chaleur

L’eau n’est que la moitié du problème. Un data center ne fait pas disparaître la chaleur de ses serveurs, il la déplace. Jusqu’à 40 % de sa consommation électrique part dans le seul refroidissement, et cette chaleur, faute d’être récupérée, finit relâchée dans l’atmosphère, et génère des degrés supplémentaires.

Le problème, c’est que cet effet s’aggrave précisément lorsqu’il commence à faire chaud. La chaleur s’intensifie lors des épisodes caniculaires et la nuit, quand l’air stagnant ne disperse plus les degrés superflus. Au moment où la France cherche un peu de fraîcheur avec l’arrivée des premières vagues de chaleur, le data center se fait de plus en plus gourmand. Dans l’immense majorité des cas, cette énergie est gaspillée, sans autre usage que celui de réchauffer nos étés déjà caniculaires.

En France, le mouvement va plutôt dans le mauvais sens : un décret de mars 2026 a réduit le droit de regard des riverains et des collectivités sur les raccordements de ces infrastructures, sans fixer le moindre plafond de consommation d’eau. La canicule de ce mois de mai finira par retomber, mais pas la problématique sous-jacente, qui risque de s’intensifier d’années en années.

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