Cloverfield Paradox : J.J Abrams explique (malgré lui) pourquoi le film est mauvais

Cinéma

Par Julien Paillet le

Lors d’un Facebook live promotionnel organisé pour la sortie surprise sur Netflix de Cloverfield Paradox, le producteur J.J Abrams et le réalisateur Julius Onah ont répondu à quelques questions. Au travers de leurs réponses et de leurs intentions concernant la fabrication du film, se dessinent des premières explications sur l’incroyable ratage qu’est le long métrage.

A l’origine, le scénario a été écrit par Oren Uziel, qui a rédigé un brouillon qui était sa propre création, et qui était là depuis un moment” a déclaré Abrams. Lorsque sa société de production, Bad Robot, a acquis le scénario, le producteur et sa firme ont “commencé à penser” : « Comment cela pourrait-il s’inscrire dans le monde de Cloverfield ? ». Une première révélation qui nous apprend donc que le métrage n’était pas, dès le départ, prévu pour appartenir à la saga.

Le réalisateur du Réveil de la force poursuit : “Quand nous avons commencé à tourner le film, c’était toujours quelque chose auquel nous pensions. Parce que l’idée de la série Cloverfield n’était pas tellement que ce soit un récit aux embranchements narratifs entièrement liés, mais plutôt qu’elle soit vraiment amusante et fun à regarder. Par exemple, si vous imaginez un parc d’attractions, c’est un parc d’attractions Cloverfield, et chaque attraction a un but différent, mais tous se connectent d’une manière ou d’une autre.

Voici l’interview dans son intégralité et en VO :

Pendant que nous tournions, nous faisions des ajustements “, a déclaré Abrams. “Il s’agissait d’un film qui a traversé de nombreuses itérations différentes.” Le producteur a aussi expliqué que les scènes sur Terre présentes dans le film ont été réalisées après que les projections tests aient insisté pour savoir ce qui se passait sur notre planète. Et ce, alors que l’essentiel de Cloverfield Paradox se déroule au sein d’une station spatiale.

Cloverfield Paradox : premier gros faux pas dans la franchise

Si ces propos ne surprendront pas ceux qui ont déjà pu assister au triste spectacle proposé par le film, ces derniers donnent quelques informations intéressantes et dévoilent involontairement, en pleine campagne marketing, des problèmes assez fous dans la conception d’une oeuvre artistique pourtant supervisée par J.J Abrams. Pour les autres qui se demandent encore ce que peut bien valoir ce nouveau Cloverfield, sachez seulement qu’il propose des personnages atroces dénués de caractérisation (ou stéréotypés), d’une fin prévisible avant même d’avoir vu le film (un véritable cas d’école) et d’un récit sans aucune identité ou réelle nouveauté. Un comble pour un film de science-fiction ayant coûté aux alentours des 40 millions de dollars (et qui ressemble à une série Z maquillée en série B) se déroulant dans l’espace avec un univers aussi ambitieux mis à sa disposition.

On rappelle que le quatrième volet de la franchise Cloverfield devrait quant à lui bien sortir en salles. Intitulé Overlord pour l’instant, le métrage devrait se dérouler durant la Seconde Guerre mondiale. On espère sincèrement que ce nouveau volet parviendra à faire oublier la sortie de route catastrophique du troisième épisode. Après Bright,  Netflix (qui aurait payé 50 millions de dollars la Paramount pour récupérer le film selon The Hollywood Reporter) a encore beaucoup de chemin à faire pour nous convaincre que ses longs-métrages exclusifs ne sont pas synonymes de médiocrité.