De fausses playlists Spotify auraient rapporté une fortune à un arnaqueur

Sécurité

Par Jules le

Afin de profiter du système de rémunération de la plateforme de streaming, un Bulgare a créé de fausses listes de lectures dont il aurait boosté l’écoute.

Alors que le Copyright Royalty Board a décidé d’augmenter de 44% le montant des royalties reversées par les services de streaming musical aux artistes américains, une autre affaire pourrait faire très mal au portefeuille de Spotify.

Le site Music Business Worldwide rapporte que la plateforme suédoise a récemment été victime d’une arnaque. Un Bulgare aurait mis en ligne une paire de fausses playlists, baptisées « Soulful Music » et « Music from the Heart », dans l’unique but de tirer profit du système de versement des royalties de Spotify.

Mutlplier les écoutes

En effet, ces deux listes de lectures cumulaient à elles deux près de 476 morceaux. Des titres composés par des artistes inconnus au bataillon, et qui duraient en moyenne une quarantaine de secondes, soit ce qu’il faut de temps pour déclencher la monétisation de Spotify.

Rapidement, les deux playlists se sont mises à battre des records d’écoutes, parvenant même à se hisser aux 22e et 11e places des compilations les plus écoutées aux États-Unis en septembre dernier. Une ascension qui n’a pas manqué d’attirer l’attention de Spotify.

Comme le souligne Music Business Worldwide, « à la troisième semaine de septembre 2017, seuls 1 797 internautes suivaient la liste de lecture ‘Soulful Music’. » Une base d’abonnés insuffisante pour justifier une telle popularité.

Crédit : Music Business Worldwide

 

Il s’avère que le créateur des deux playlists, également propriétaire des 476 morceaux, aurait créé près de 1 200 faux comptes payants afin qu’ils écoutent en boucle ses oeuvres. Selon une estimation de Music Business Worldwide, Spotify reverse 0.004 dollar aux ayants droit à chaque écoute d’un titre. L’arnaque aurait permis au Bulgare de récupérer entre 290 000 et 415 000 dollars par liste de lecture.

De son côté, Spotify a confirmé l’existence de l’escroquerie sans préciser les mesures que l’entreprise comptait prendre contre l’arnaqueur. « Nous prenons la manipulation artificielle du streaming sur notre plateforme très au sérieux. Nous continuons d’investir massivement dans l’amélioration des processus de détection et de suppression des fraudes pour réduire leur impact sur les créateurs et les ayants droit légitimes », a confié un porte-parole à Music Business Worldwide.