Facebook n’a trouvé aucune preuve de l’ingérence de la Russie pour le Brexit

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Par Elodie le

Le réseau social avait lancé une enquête interne pour déterminer si, à l’instar des élections américaines, la Russie avait joué un rôle dans le référendum sur le Brexit, comme certaines rumeurs le suggéraient.

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Russie par ci, Russie par là. À la moindre cyberattaque ou élection à fort enjeu, l’ombre de la Russie plane. Il faut dire que la réputation des hackers du gouvernement russe les précède et leur terrain de jeu n’a pas de limite.

Les soupçons d’ingérence russe sur les élections américaines qui ont porté Donald Trump dans le bureau Ovale ont été confirmés aussi bien par les autorités américaines que par Facebook.

Pas de preuve d’activité

La plateforme a diligenté une enquête interne pour trouver les traces d’un détournement de sa plateforme et publié ses résultats dans un livre blanc en avril 2017. Facebook avait ainsi reconnu avoir été détourné par une ferme à troll russe, qui s’est notamment offert pour plus de 100 000 dollars de publicités aux messages politiques controversés. Le réseau social avait promis d’aider le Congrès dans son enquête. Comme Google et Twitter le feront à leur tour.

Alors, lorsque le Brexit a sonné le glas de l’entente entre le Royaume-Uni et l’Union européenne au terme d’une campagne polluée par les mensonges éhontés du UKIP et les fake news, les regards se sont à nouveau tournés vers la Russie.

Pour ce qui est du réseau social de Mark Zuckerberg en tout cas, il n’y a aucune preuve de l’ingérence russe dans ce scrutin. Si tentative il y a, elle ne s’est pas faite via le réseau social. Ses résultats ont été présentés à Damian Collins, député britannique et président de la Commission dédiée à la culture, aux médias et au sport, qui enquête sur la désinformation et les fake news.

Enquête close ?

Résultats qui viennent confirmer les premiers éléments de l’enquête rapportés en début d’année par Simon Milner, directeur des politiques chez Facebook pour la Grande-Bretagne, le Moyen-Orient, l’Afrique et la Turquie.

D’après Menlo Park, la seule trace d’une activité russe sur le réseau social en rapport avec le Brexit est une dépense de 71 pence, soit 0,80 euro, pour une publicité ciblant les Britanniques en amont du référendum et faite par des acteurs basés en Russie. Pour Facebook, c’est un « raté » de la campagne russe menée lors des élections américaines, rapporte The Guardian.

« Cette enquête est terminée », estime à présent Facebook alors que les députés britanniques, insatisfaits des premières réponses apportées, avaient contraint l’entreprise à approfondir son enquête. Damian Collins avait également sommé Twitter de fournir une réponse plus détaillée à leur demande.

Pour Simon Milner, ces résultats contrastent avec ceux liés aux États-Unis où une enquête a été diligentée par le Congrès sur la foi des accusations de la communauté du renseignement américain.

Toutefois, si Collins salue la coopération de la plateforme, il n’en attend pas moins d’autres informations « promises » par Facebook, comme « le nombre exact de comptes suspendus, la manière dont le réseau social finance sa lutte contre les bots, sa méthodologie pour identifier les faux comptes ainsi que le pays d’où ils proviennent ». Réponses attendues dans leur intégralité le 14 mars.