Les applications de navigation provoquent-elles une hausse des bouchons sur les routes ?

Ville de Geeks

Par Anne Cagan le

En envoyant les conducteurs vers des routes pas toujours conçues pour accueillir un trafic important, les applications de navigation aggravent parfois les embouteillages. Des chercheurs s’inquiètent de leur impact lorsqu’elles seront utilisées par un pourcentage bien plus élevé de la population.

Waze, Google Maps et consorts sont-ils vraiment l’arme idéale contre les embouteillages ? Rien n’est moins sûr. Des chercheurs s’inquiètent d’ailleurs de l’impact des applications de navigation sur le trafic routier dans les colonnes de The Atlantic.

“Le problème a été très largement sous-estimé” explique Alexandre Bayen, le directeur de l’institut des études des transports de l’université de Californie.

Dans certains cas, les applications de navigation peuvent en effet aggraver les embouteillages. C’est ce que montre très clairement la vidéo d’une simulation présentée par Bayen.

Les rues latérales se retrouvent engorgées

Celle-ci compare l’évolution du trafic après un accident dans deux cas de figure : lorsqu’aucun conducteur n’a d’information sur le trafic et à l’inverse, lorsque 20 % des conducteurs ont une application de navigation.

On voit bien dans le deuxième cas que les bouchons grossissent progressivement sur les voies de sorties.

“La situation devient ensuite bien pire parce que des centaines de personnes veulent aller sur les rues latérales qui n’ont jamais été conçues pour accueillir un tel trafic”, explique Bayen

Mais ce n’est pas tant cela qui inquiète les chercheurs travaillant sur ces questions. Tant que ces applications de navigation ne sont pas utilisées à grande échelle, leur impact est en effet probablement négligeable voire positif.

Quel impact si tous les conducteurs se mettent à utiliser ces applications ?

Mais il sera très différent si elles devaient être utilisées par un pourcentage élevé de la population (et on en prend clairement le chemin). Le problème est que les chercheurs ne disposent pas encore d’éléments précis sur l’impact global de ces applis. Et qu’ils ont plutôt tendance à pencher vers l’idée que cet impact serait négatif si ces applis se généralisaient.

Ce n’est pas la première fois que des experts de la question s’inquiètent de cela. The Atlantic relève ainsi qu’en 1991 d’autres chercheurs notaient que “l’information peut amener les conducteurs à changer leur horaire de départ de telle manière que cela finit par engendrer une congestion encore plus importante”.

Alexandre Bayen a sa petite idée pour prévenir de tels problèmes : il faudrait que les sociétés se coordonnent afin de ne pas envoyer tous les conducteurs sur les mêmes routes. Ce n’est pas gagné…