Quand Elon Musk se rêve en Willy Wonka pour troller Warren Buffet

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Par Elodie le

Après le dragon cyborg, Elon Musk a surpris son monde en annonçant sur Twitter vouloir se lancer dans l’industrie de la confiserie. Plus qu’une énième lubie du fantasque entrepreneur, elle révèle la guerre de chapelle opposant le patron de Space X à un autre éminent milliardaire, le magnat des affaires Warren Buffet.  

Charlie et la Chocolaterie

Lorsqu’Elon Musk tweete, l’industrie high-tech retient son souffle. Si le trublion de la tech nous a habitués à des sorties parfois hasardeuses, certaines de ses idées lancées à la volée sur Twitter ont finalement vu le jour. Qui pensait qu’il creuserait véritablement un tunnel sous Los Angeles échaudé par les interminables bouchons californiens pour se rendre à son bureau de Space X ? Si cela a pu faire rire sous cape, les premiers coups de pioches ont vaincu les sceptiques.

Lance-flammes griffés The Boring Company, Tesla Roadster dans l’espace sur fond de Life on Mars de Bowie ou récemment dragon cyborg (ne rigolez pas), Elon Musk ne se refuse rien. Alors, lorsque le samedi 5 mai dernier, il prétend se lancer dans l’industrie de la sucrerie, on écarquille les yeux, puis on sourit. Tout en sachant qu’il peut vraiment le faire. Ne martèle-t-il pas qu’il est « super super sérieux » ?

Elon Wonka Vs Willy Buffet

En réalité, Elon Musk s’attaquait à un concept défendu par Warren Buffet. Cette théorie, inventée par le milliardaire de 87 ans, surnommé « l’oracle d’Omaha » (son lieu de naissance), est celle des « moats » (ou « fossés » en français), ces remparts concurrentiels qui protégeraient une entreprise de la concurrence. Sans ce fossé, point de salut. Par exemple, lorsqu’une entreprise peut dégager une rentabilité relativement supérieure au coût du capital, elle bénéficie d’un avantage concurrentiel sur ses adversaires. Avantage qu’elle doit conserver coûte que coûte.

Interrogé sur la raison pour laquelle il faisait bénéficier la concurrence de ses superchargeurs Tesla, Elon Musk a répliqué que les « moats » sont « nuls ».

« Si votre seule défense contre une armée qui vous envahit est un fossé, vous ne tiendrez pas longtemps. Ce qui compte, c’est le rythme auquel vous innovez », a-t-il estimé.

Rien de surprenant dans la bouche du patron de Space X (aérospatial) et Tesla (véhicule électrique) et du co-fondateur de PayPal (finances, paiement en ligne), des secteurs dont il a enjambé les douves pourtant jalousement protégées.

Tes sucreries pour un empire

Évidemment, cette charge n’a pas échappé à Warren Buffet, président du fonds d’investissement Berkshire Hathway Inc. Interrogé sur ses propos en marge de la présentation des résultats du groupe, Buffet a rétorqué : « Certes, Elon peut renverser les choses dans certains domaines. Mais je ne pense pas qu’il voudrait nous affronter dans le business des sucreries ». Berkshire détient notamment See’s Candies, acheté par Buffet dans les années 70.

Et là… la perche était trop belle pour ne pas être saisie. La suite appartient désormais à l’histoire. De Twitter pour le moment. L’avenir nous dira si ce trollage sera suivi d’effet.

Par acquit de conscience, et « souci d’argumentation », il a tout de même demandé à ses followers ce qu’ils souhaitaient comme type de bonbons.

Il se voit bien construire un fossé qu’il remplira de confiseries. « Warren B ne pourra pas s’empêcher d’investir ! C’est la kryptonite de Berkshire Hathaway…  ». Vous venez peut-être d’assister aux débuts d’Elon et la Chocolaterie.