Enfants stars sur YouTube : une association dénonce du “travail illicite” et appelle la justice à se saisir de la question

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Par Anne Cagan le

L’Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique craint que certains parents ne manipulent leurs enfants à des fins lucratives. L’association demande à la justice de se saisir de la question.

Déballage de jouets incroyables, fous rires collectifs… l’ambiance sur les chaînes YouTube “familiales”’ est souvent joyeuse et détendue. Mais derrière ce vernis de spontanéité, se cache parfois une organisation bien huilée. Certaines chaînes mettant en scène des enfants qui déballent leurs jouets ou font des sorties en famille publient en effet jusqu’à 30 vidéos d’une quinzaine de minutes par mois. Un professionnalisme qui permet parfois d’engranger des centaines de milliers d’abonnés, mais qui inquiète l’Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique.

Selon cette association, ces activités qui génèrent parfois des dizaines de milliers d’euros de revenus mensuels ne sont pas assez encadrées par la loi. “Avec ces vidéos d’Unboxing, on a des enfants qui sont manipulés par leurs parents à des fins lucratives. Les chiffres d’affaires sont phénoménaux, ça n’est clairement pas une activité de loisirs”, indique à Franceinfo, Thomas Rohmer, le président de l’Open.

L’association a donc décidé, mercredi 23 mai, de demander par courrier, à la justice de se saisir de la question. Open souhaite en effet que ces petites stars de YouTube aient le statut d’enfants du spectacle. “Cela permettrait aux enfants d’avoir des conditions de tournage adaptées à leur âge et de toucher les revenus qui leur sont dus”, a précisé Thomas Rohmer.

L’association demande aux procureurs de se saisir et de qualifier les faits

L’association a pour l’instant adressé deux lettres à deux parquets différents “en demandant aux procureurs de se saisir et de qualifier les faits”. Le Conseil National de Protection de l’Enfance a aussi été saisi. Interviewée par Le Monde, Michèle Créoff, la vice-présidente du CNPE, indique avoir prévu de saisir les ministères de la Jeunesse et du Sport, ainsi que celui du Travail. “Selon les conclusions que nous aurons tirées de notre enquête, nous pourrons adresser, si nous le jugeons nécessaire, un avis au gouvernement” a-t-elle précisé.