Le nouveau responsable de la cybersécurité au Japon n’a jamais touché à un ordinateur de sa vie

Sécurité

Par Mathieu le

Peut-on avoir la charge de la cybersécurité d’un pays entier tout en n’ayant jamais touché à un ordinateur de sa vie ? Au Japon, oui. Yoshitaka Sakurada, le nouveau Ministre japonais de la Cybersécurité en est le parfait exemple et son cas choque autant qu’il prête à sourire.

La photographie originale réalisée par Rama  (Wikimedia Commons) a été modifiée par la rédaction JDG. 

Convaincu de ne pas être en faute

« Ce manque d’expérience dans le milieu informatique n’a pas d’impact négatif sur mon travail », affirme Yoshitaka Sakurada, qui a été élu ministre de la Cybersécurité le mois dernier après la réélection du Premier Ministre Shinzo Abe. « Depuis l’âge de 25 ans, je donne mes consignes à mon équipes et mes secrétaires. Je n’ai jamais utilisé d’ordinateur de ma vie » a-t-il déclaré lors d’une audition avec des législateurs japonais retranscrite par le site Kyodo News.

Yoshitaka Sakurada, 68 ans, aura un rôle très important à jouer lors des prochains Jeux Olympiques de Tokyo, prévus en 2020, puisqu’il devra superviser et préserver la sécurité informatique du Japon qui sera au centre de l’attention pendant plusieurs semaines. Lorsqu’un législateur a manifesté sa surprise de voir que quelqu’un qui occupe cette fonction n’ait jamais utilisé d’ordinateur de sa vie, Sakurada a rétorqué : « C’est une question qui devrait être traitée par le gouvernement dans son ensemble, mais je suis convaincu de ne pas être en faute ».

Lorsqu’un législateur a demandé si les centrales nucléaires utilisaient des clés USB, l’homme a répondu : « Je n’en ai aucune idée, il faut demander aux spécialistes en mesure de répondre à cette question ». Sur des sujets aussi importants, Yoshitaka Sakurada préfère ainsi passer par des spécialistes alors qu’il est censé en être un lui-même. Pas étonnant donc que sa nomination fasse jaser au pays du soleil levant, qui accorde pourtant beaucoup d’importance à sa sécurité.

7 réponses à “Le nouveau responsable de la cybersécurité au Japon n’a jamais touché à un ordinateur de sa vie”

  1. Je ne vois pas où est le problème.
    Si c’est un homme intelligent doublé d’un bon meneur d’homme, il n’a pas besoin de connaitre le métier.
    Ca peu même être un plus d’avoir un esprit vierge de tout dogme dans la sécurité.

    Après je peu comprendre que ça puisse paraître bizarre pour certains.

  2. Le problème n’est pas nouveau et il est présent aussi chez nous , en France. Vous trouvez ça normal que des gens issus d’école de commerce occupent des postes de responsable Digital ou chef innovation officer ? C’est une erreur car la tâche exigera automatiquement des connaissances techniques pour appréhender l’environnement de la mission.

  3. Si l’homme est intègre, pas de soucis de mon point de vue, au moins il ne trompe pas son monde, notez :  « Je n’en ai aucune idée, il faut demander aux spécialistes en mesure de répondre à cette questionEn france un politique aurait noyé le poisson / usé de langue de bois.

  4. Ça se tient. Sans utiliser d’ordinateur il n’a jamais eu la moindre faille informatique.
    La solution contre la cybercriminalité est de retourner à l’age de pierre.

  5. Il n’y a effectivement aucun problème. Le faible manque que cela peut impliquer, peut être largement rattrapé par d’autres caractéristiques. A son poste, ce n’est pas ce qu’on demande.

    D’autant que : il a dit « ne jamais avoir touché un ordinateur », ce qui est loin de ce que tu dis « connaître le métier ». On peut connaître le métier, sans avoir touché un matériel. (Mais ta expression est encore plus forte :), car tu as raison également.)

    Tout comme dans ma boite (éditrice de progiciel), on connait le dit métier, sans avoir pratiqué.

    Mais bon, faut toujours faire polémique chez les humains 🙂

  6. Oui.

    Flash news: on peut avoir des connaissances techniques/du métier, sans avoir pratiqué.

     Ici, la news ne dit pas que le bonhomme n’y connait rien, mais qu’il n’a jamais touché un ordinateur. La nuance est énorme.

    Plus on monte dans la hiérarchie, moins les connaissances pures sont utiles. Elles le deviennent juste dans un soucis de compréhension des problématiques des personnes que tu manages. Mais si à côté tu es ouvert et que tu sais gérer tes hommes. Je ne vois absolument aucun problème.

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