Réseaux sociaux : Aux États-Unis, les personnes âgées partagent plus de fausses informations

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Par Jules le

Une étude conduite par un panel de chercheurs des Universités de New York et Princeton autour de l’élection présidentielle américaine de 2016 montre que les Américains de plus de 65 ans ont tendance à partager plus de fausses informations que les 18-29 ans. Une tendance qui est cependant loin d’être alarmiste.  

Crédit : Gage Skidmore via Flickr

On enfonce une porte ouverte en disant ça, mais en vingt ans la mentalité vis-à-vis d’Internet a grandement changé. Je me souviens que dans mes jeunes années, on me répétait jusqu’à plus soif qu’il ne fallait pas croire tout ce qu’on pouvait lire sur la Toile (ce qui est on ne peut plus vrai).

Mais depuis quelques années, et l’essor des réseaux sociaux, les internautes sont de plus en plus prompts à adhérer aux théories du complot et relayer de fausses informations comme si elles étaient des vérités avérées (l’État est impliqué dans les attentats de 2015, l’Homme n’est jamais allé sur la Lune, la Terre est plate, etc.). Une tendance qui s’est accélérée avec l’arrivée de Donald Trump sur l’échiquier politique et son accession à la Maison-Blanche en 2016.

Fakebook

Et c’est sur cette période d’élections américaines que s’est penché un groupe de chercheurs des Universités de Princeton et New York pour analyser la prolifération des infox sur Facebook.

Les universitaires ont ainsi étudié le comportement de 3 500 Américains inscrits ou non sur le réseau social de Mark Zuckerberg, en amont et en aval de l’élection présidentielle américaine de 2016. Une fois l’élection passée, ils ont demandé aux sujets d’études d’installer une application pour accéder à une série d’informations personnelles liées à Facebook, comme leur profil public, les pages qu’ils ont aimées, leurs opinions religieuses et politiques et les publications qu’ils ont effectuées.

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Seuls 49% des sondés ont accepté de se plier à la consigne, ce qui a drastiquement réduit le panel de personnes interrogées. Les données récoltées ont ensuite été comparées à plusieurs listes de sites connus pour leur propension à relayer des infox. Et le 9 janvier dernier, les chercheurs ont enfin partagé les conclusions de leur enquête dans une étude publiée sur le site Science Advances.

Moins alarmant qu’on le croit

Premier constat : les utilisateurs ayant partagé au moins une fausse information ne représentent que 8,5% des sujets d’étude. D’un point de vue politique, les citoyens plus conservateurs sont plus prompts à relayer une infox que les personnes dites “libérales” (18% contre moins de 4%).

Mais la différence la plus marquée se trouve sur l’âge. Plus de 11% des internautes de plus de 65 ans ont partagé au moins une infox sur cette période, alors que seulement 3% des 18-29 ans ont effectué la même démarche. Quant à la quantité, l’étude montre que les plus de 65 ans ont relayé le double des fausses informations partagées par les 45-65 ans, et sept fois plus que les 18-29 ans.

Finalement, cela va être à nous de rappeler à nos parents qu’il ne faut pas croire tout ce qu’on lit sur Internet.