Fyre Festival : le docu Netflix sur une des arnaques les plus médiatisées du 21e siècle

Cinéma

Par Julie Hay le

Fyre, le meilleur festival qui n’a jamais eu lieu retrace l’histoire d’une des arnaques les plus médiatisées du 21e siècle. Sorte de Big Short à l’ère du web 2.0, le documentaire Netflix nous plonge dans les travers des réseaux sociaux.

En décembre 2016, Instagram est envahi de carrés orange avec un hashtag qui passionne les foules : #fyrefestival.  pour promouvoir la création de son application de booking de célébrités, Billy Mcfarland s’est associé au rappeur Ja Rule pour créer ce qui s’annonce être le festival de l’année. Les photos d’Emily Ratajkowski, Bella Hadid et Kendall Jenner submergent les réseaux sociaux, la machine est lancée.

“On vend du rêve aux nuls, à l’Américain moyen.”

Billy Mcfarland l’a bien compris, tout est dans la communication. Jouant sur le FOMO (fear of missing out) l’entrepreneur américain va, à l’aide d’un clip promotionnel, vendre un festival qu’il n’a pas commencé à organiser. 48 heures seulement après l’ouverture de la billetterie, l’événement affiche complet, inédit pour une première édition.  Les billets sont vendus entre 400 et 12 000 dollars.

Une machine de communication bien huilée.

Le plan de communication de l’entrepreneur était parfait et ne va montrer des défaillances que quelques jours avant le début du festival. Billy Mcfarland a bien compris comment fonctionne sa génération. C’est sans aucun doute cette connaissance des réseaux sociaux, qui font de l’événement un tel succès. Des réseaux sociaux soignés, une communication millimétrée et des ambassadrices de choix, c’est la recette du succès de la campagne Fyre. Celui qui avait fait fortune en créant des cartes de crédit branchées, donne à la jeunesse dorée américaine exactement ce qu’elle attend : du luxe, des célébrités et un cadre idyllique pour des photos Instagram.

Un tweet et l’engrenage cède

Et si ce sont les réseaux sociaux qui ont créé le festival, ce sont aussi eux qui vont causer sa perte. Alors que les premiers festivaliers arrivent sur cette île et qu’ils découvrent les conditions déplorables dans lesquelles ils sont accueillis, les vidéos et les photos qu’ils postent vont mettre fin à la supercherie. Les influenceurs si importants aux yeux de l’organisateur vont aussi dévoiler au monde entier l’arnaque de Billy Mcfarland. Comme en témoigne le nombre impressionnant de vidéos postées sur Youtube, les influenceurs étaient très nombreux et pour la plupart invités pour faire la communication de l’événement de celui qui écopera de six ans de prison pour fraude.

Le film joue habilement avec le montage notamment dans l’opposition qu’il fait des deux réalités qui entoure l’événement. Il met constamment en parallèle la version édulcorée des réseaux sociaux à celle du terrain. « Je pense que les gens ont tendance à vouloir croire que quelque chose est réel. C’est une extension des réseaux sociaux, où nous nous présentons souvent sous notre meilleur jour. Je pense que le film aborde vraiment cette idée de perception par opposition à la réalité, et ce, à plusieurs niveaux. Ce festival était trop beau pour être vrai. » explique le réalisateur Chris Smith à Vice. Le documentaire parle finalement plus de l’impact des réseaux sociaux et de la société qu’ils construisent, mais reste à certains moments un peu trop en surface. Aucune interview du magnat de la finance, le réalisateur explique sa décision ” Billy, finalement, a demandé à être payé. Nous avons refusé ; tant de gens avaient souffert de différentes manières à la suite de ce festival, cela semblait injuste.”