Russie : Développement d’un « Internet souverain » pour devenir indépendant de l’étranger

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Par Jules le

La Russie va-t-elle se doter d’un Internet « à la chinoise » ? Voilà ce que craignent certaines personne avec le nouveau projet du gouvernement russe de développer son propre Internet, qui se veut détaché du reste des serveurs mondiaux.

Si au Pays des Tsars, la télévision est majoritairement contrôlée par le gouvernement, et que la presse écrite est muselée par ce dernier, seul Internet parvient à échapper à la supervision de l’occupant du Kremlin. C’est d’ailleurs sur la Toile qu’ont trouvé refuge la plupart des critiques à l’encontre de Vladimir Poutine et de sa politique en Russie.

Internet « à la chinoise » dans une démocratie « à la russe »

Cela n’empêche pas le gouvernement de durcir le ton, en bloquant depuis quelques années l’accès à des sites comme Dailymotion, Telegram ou LinkedIn, ainsi qu’aux blogs liés à l’opposition. Mais il semblerait que le Kremlin veuille aller plus loin.

En effet, la Russie a initié mardi dernier le début du programme « Internet Souverain », soit la mise en place d’un réseau indépendant des serveurs déjà en place à l’étranger (et principalement aux États-Unis). Dans des propos rapportés par l’AFP et repris par Ouest-France, le gouvernement justifie cette décision comme nécessaire face « au caractère belliqueux de la nouvelle stratégie américaine en matière de cybersécurité« .

Ce projet prévoit ainsi la création d’infrastructures qui devront faire fonctionner l’Internet russe, même si les opérateurs du pays ne sont plus autorisés à se connecter aux serveurs sources d’Internet situés à l’international. Les FAI russes devront eux mettre en place des moyens techniques assurant le « contrôle centralisé du trafic« .

Pour l’opposition, « Internet Souverain » apparaît comme un Internet « à la chinoise« , c’est à dire sous le contrôle total des autorités gouvernementales. De son côté, l’ONG Roskomsvoboda, en charge de la défense des libertés sur Internet, dénonce un projet qui requiert des « des fonds budgétaires gigantesques« . Ces derniers pourraient s’élever à plus de 270 millions d’euros.