La redevance TV pourrait bientôt être supprimée

Le ministre des Comptes publics et du Budget Gérald Darmanin a indiqué être favorable à la disparition de la redevance télé.

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L’idée n’est pas nouvelle, mais son évocation par un ministre en poste témoigne de l’évolution des mentalités sur la sacro-sainte télévision hertzienne. Ce matin, le ministre des Comptes publics et du Budget Gérald Darmanin s’est déclaré favorable à la suppression de la redevance télé. Interrogé par BFM TV et RMC, l’homme politique a expliqué : “Je l’ai proposé au président de la République et au Premier ministre. Nous aurons l’occasion de voir ce qu’ils décident”.

Une taxe “assez injuste”

Instaurée en 1946 sous le nom de taxe radiophonique, la redevance audiovisuelle était jusqu’à présent couplée à la taxe d’habitation, qu’Emmanuel Macron a promis de supprimer à la fin de son quinquennat. Si l’impôt était conservé à l’issue du mandat présidentiel, Gérald Darmanin estime : “il faudra l’adresser autrement, mais cela coûte cher d’adresser un impôt seul”. Même constat pour la députée LREM Amélie de Montchalin, qui estime que la redevance télé deviendra “de plus en plus chère à collecter”.

“C’est un impôt que payent beaucoup de gens mais qui n’est pas tout à fait connecté au monde d’aujourd’hui” – Gérald Darmanin

3 milliards de manque à gagner

À l’heure où de plus en plus de Français abandonnent la télévision classique pour d’autres services multimédias comme le SVOD, les services de replays et les web-tv,  la suppression de la redevance TV semble plus légitime que jamais. Pourtant, si l’impôt ne coûte que” 139 € par an aux foyers français, sa suppression entraînerait un gouffre conséquent de près de 3 milliards d’euros dans les caisses de l’audiovisuel public, financé en grande partie par la redevance annuelle.

“Oui nous avons besoin d’un service public audiovisuel fort. C’est un enjeu considérable en matière d’éducation, de culture, d’information et de lutte contre la désinformation” – Franck Riester

Si cette volonté de Gérald Darmanin rejoint celle du ministre de la Culture Franck Riester, ce dernier n’a pas tardé à tempérer les propos de son collègue sur France Bleu Azur : “La question est de savoir si nous avons besoin d’un service public audiovisuel. La réponse est trois fois oui”. Reste encore à déterminer comment pourrait être compensé ce gouffre financier si la redevance télé vient à disparaître.