Un vaccin expérimental contre le VIH pourrait prochainement être testé

Science

Par Antoine le

Le laboratoire pharmaceutique Johnson & Johnson prépare le test à grande échelle d’un vaccin anti VIH, le virus responsable du SIDA.

Cet essai clinique se tiendra en Europe et aux USA sur 3800 hommes. Le vaccin serait constitué de quatre composants, ciblant différentes souches du virus. Ses auteurs ont conçu et optimisé des protéines dites “mosaïques” qui devraient augmenter les défenses immunitaires contre un grand nombre de souches différentes. Pour cela, le vaccin utilise un virus “froid” (c’est à dire débarrassé de son potentiel pathogène) modifié pour produire les protéines nécessaires à la mise en place d’une immunité. Une approche décrite comme “conceptuellement intéressante” par Anthony Fauci, directeur de l’Institut National des Allergies et Maladies Infectieuses des États-Unis, pour le LA Times. Cette méthode a permis de protéger deux tiers des animaux testés, et s’est révélée “sans danger pour l’humain” d’après Dan Barouch, un professeur à Harvard faisant partie des pères de cette approche.

Pour le moment, les études annoncent un taux de réussite supérieur à tous les autres vaccins testés jusqu’ici, d’après Bruce Walker, directeur d’un institut affilié au MIT. Reste à voir s’il sera efficace sur l’humain, dans quelles proportions et sur quelle durée.

Cette approche à base de protéines mosaïques est déjà testée en Afrique depuis 2017, dans le cadre d’une étude qui porte le nom d’Imbokodo. Ces deux études en parallèle pourraient permettre de raccourcir les délais nécessaires à l’autorisation du produit dans le cas où les résultats seraient concluants.

Cette annonce intervient en même temps qu’une polémique impliquant l’entreprise, placée sous le coup d’une enquête pour avoir dissimulé le risque cancérigène d’une poudre pour bébé.

Le vaccin au VIH, un casse-tête biochimique

Si le vaccin contre le VIH est activement recherché depuis des années, cette quête n’a toujours pas abouti à l’heure actuelle. Il existe plusieurs raisons à cela, inhérentes à la nature même du virus.
En premier lieu, il en existe un grand nombre de souches dont certaines sont hautement instable, ce qui rend d’autant plus difficile la mise au point d’un vaccin qui les couvre toutes. C’est pour cette raison que les mosaïques mises au point par l’équipe de Bette Korber  pourraient représenter un vrai pas en avant, car cela permettrait d’être efficace contre de nombreuses souches voire l’ensemble d’entre elles dans le meilleur des cas.

L’une des autres difficultés que pose le VIH sont les réservoirs viraux. Dans les cellules d’un organisme infecté, le virus réside sous forme dormante dans des réservoirs où il peut persister sur des durées très longues tout en échappant à la surveillance du système immunitaire. Pour en savoir plus sur les détails des techniques employées, il faudra certainement attendre les résultats de l’essai clinique, dans la mesure où les laboratoires pharmaceutiques ne communiquent que rarement sur ce genre de recherches.

Source: LA Times