Cuba : Les cerveaux des diplomates américains et canadiens victimes d’un « brouillard cognitif »

Sécurité

Par Henri le

De récentes analyses montrent que les cerveaux des diplomates américains en poste à Cuba ont subi des changements. Mais la cause reste à trouver.

Dans certains pays, le travail des diplomates américains n’est pas de tout repos. Et pour cause, une quarantaine d’entre eux, travaillant à Cuba, se plaignent de perte d’audition, de problème d’équilibre, de vertiges, d’irritabilité ou encore d’anxiété. Devant l’ampleur de ces symptômes, signalés dès fin 2016, le gouvernement américain a décidé de les rapatrier pour leur faire passer des analyses médicales par des médecins de l’Université de Pennsylvanie, au centre des traumatismes cérébraux. Ces derniers ont ainsi pu confirmer qu’il s’était bel et bien passé quelque chose. La matière blanche du cerveau, qui contient notamment les fibres nerveuses, ainsi que leur cervelet auraient été affectés.

Ragini Verma, professeure de radiologie dans l’établissement, a indiqué à l’AFP que leurs cerveaux ont subi quelque chose qui a causé ces changements » que les victimes elles-mêmes ont parfois décrits comme « un brouillard cognitif ». Depuis septembre 2017, les États-Unis ont ainsi rappelé une grande partie de leur personnel diplomatique en poste à La Havane, la capitale de l’île. Le Canada dénombre également 14 cas similaires et a fait de même.

Il ne s’agissait donc pas d’une simple coïncidence, mais « la vérité reste à trouver » selon Verma. Certains d’entre eux sont par ailleurs toujours en rééducation, mais la professeure estime qu’il est très important de suivre l’évolution des changements qu’il pourrait y avoir dans leur cerveau. Washington a beau être resté discret sur le sujet, la presse américaine a elle évoqué des possibles cas « d’attaques acoustiques », mais sans dévoiler de preuves concrètes. Le gouvernement cubain a évidemment nié toute responsabilité liée au phénomène. Mitchell Valdés-Sosa, qui dirige le centre des neurosciences de l’État cubain estime que cette étude ne permet pas de prouver « qu’un groupe de diplomate a souffert de lésions cérébrales pendant leur séjour ». Ces informations restent troublantes, notamment à cause de la nature des victimes. Il sera néanmoins extrêmement compliqué de trouver la cause exacte de ces troubles. Les deux gouvernements vont donc se renvoyer la balle pendant un bon moment.