Urgences : une nouvelle plateforme avec estimation du temps d’attente en projet

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Par Jason Mathurin le

Le ministère des Solidarités et de la santé veut ouvrir une plateforme, la SAS, qui a pour ambition de désengorger les services d’urgence et devrait fournir une estimation de votre temps d’attente. Un système qui devrait prendre effet dès l’été 2020, dans le cadre d’une refonte des urgences.

Unsplash / Camillo Jimenez

Dans son « pacte de refondation des urgences » présenté ce lundi 9 septembre, Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la santé a dévoilé un projet de loi visant à développer un nouveau service d’accès aux soins visant à désengorger les urgences. L’objectif à long terme : réduire de 43% la fréquentation des services d’urgences à l’échelle nationale. Concrètement, le gouvernement prévoit de mettre en place un programme, le « service d’accès aux soins » (SAS). Grâce au SAS, les patients seront orientés 24h/24 et en temps réel, afin d’obtenir le suivi le plus adapté possible, précise Nextinpact. Une sorte de consultation médicale à la carte, variant selon les situations. La plateforme permettre d’obtenir en fonction des besoins, des renseignements médicaux, un rendez-vous dans les 24h avec un généraliste ou une téléconsultation mais orientera vers les services d’urgence lorsque c’est nécessaire. « Le SAS intégrera également un outil en ligne cartographiant les structures disponibles à proximité de chez soi pour répondre à sa demande de soins : cabinet médical ou paramédical, pharmacie de garde, service d’urgence avec estimation du temps d’attente pour les soins courants etc. » indique le communiqué du ministère.

Outre la plateforme SAS, la réforme initiée par Agnès Buzyn prévoit de donner aux professionnels paramédicaux des prérogatives élargies, et ainsi limiter les consultations de courte durée. La question de la vidéo à distance dans tous les SAMU fait également partie des 12 grandes lignes de ce « pacte ». « Les personnes appelant le SAMU pourront, en fonction de leur situation, basculer vers un appel vidéo, explique l’exécutif. En effet, l’apport de la vidéo améliorera significativement la qualification des appels et permettra, ainsi, d’orienter plus finement les patients vers l’offre de soins adaptée à leur état, le cas échéant vers une prise en charge alternative aux urgences. »

Le ministère insiste sur le fait que 750 millions d’euros supplémentaires ont été débloqués afin de répondre à la crise des urgences. Mais ses détracteurs  jugent que ces promesses ne répondent pas à l’indignation du personnel, qui multiplie les périodes de grève depuis près de six mois, dénonçant le manque d’effectifs et de moyens. Pour le secrétaire général de la CGT, cette réponse n’est pas « à la hauteur des exigences et des besoins de la population », comme il l’a rappelé sur le plateau de Télématin. Cela étant, les premières mesures pourraient prendre effet à l’été 2020, assure-t-on au Ministère des Solidarités et de la Santé.