La vie à -80°C : un chercheur français raconte son année glaciale en Antarctique

Science

Par Felix Gouty le

Après onze mois, dont neuf d’hiver, passés en Antarctique, le chercheur français Cyprien Verseux raconte les difficultés de la vie à -80°C.

« Au cœur de l’Antarctique, dans un désert blanc à perte de vue, se dressent deux tours reliées par une passerelle couverte : la base Concordia ». C’est sur cette station de recherche franco-italienne que le jeune astrobiologiste Cyprien Verseux a récemment passé onze mois de sa vie. Il y consacre aujourd’hui un livre, « Un Hiver Antarctique », aux éditions Hugo-Image. Il est alors âgé de seulement 27 ans quand l’Institut polaire français (IPEV) et le Programme italien de recherche en Antarctique (PNRA) lui confient la lourde tâche de gérer une équipe de douze autres « hivernants », noms donnés à ceux qui traversent l’hiver glacial du continent Antarctique. Leur mission ? Continuer les observations astronomiques de la base scientifique et étudier l’évolution de l’environnement local pour mieux comprendre celle du climat planétaire. En effet, « Concordia est ce qui se rapproche le plus d’une future base sur la Lune ou sur Mars », a expliqué le chercheur français à France Info.

Avec des températures capables de descendre sous la barre des -80°C, difficile de trouver des conditions de travail plus extrêmes. « Pendant l’hivernage, le jour continu se transforme en nuit continue, raconte Cyprien Verseux. Il fait trop froid pour les véhicules, même le carburant peut geler. Donc les hivernants, pendant neuf mois, doivent se débrouiller seuls quoi qu’il arrive. » Le genre de scénario qui, comme dans le film The Thing de John Carpenter (quoique bien aidé par l’intervention d’un alien tueur), rendrait complètement fou certaines personnes. « (Nous sommes) affectés un peu par l’isolement, le confinement, le froid, le manque d’oxygène », confiait-il. Si vous voulez avoir un petit aperçu du quotidien de l’équipe sur place, ne manquez pas de regarder les anciennes publications Twitter du chercheur. Rempli de descriptions amusantes de son quotidien en conditions extrêmes et de photos à couper le souffle, le fil de Cyprien Verseux vaut vraiment le détour.

Le scientifique en dira sans doute davantage sur son expérience unique lors de la conférence qu’il donné le 25 octobre à Sup’Biotech – d’où il est diplômé – à Villejuif, près de Paris.