Parce que Techno Syndrome, c’est une flawless victory
Dès les premières minutes et l’apparition du logo de New Line Cinema, qui produit le film, on comprend. Car dès cet instant, résonnent les premières sonorités du morceau électronique Techno Syndrome, du groupe Austin Jones & The Immortals. Et ce son, réalisé d’abord à l’époque pour la bande originale du jeu et ensuite pour le film, est tout simplement légendaire.
Test your Might, Excellent, Finish Him ainsi que le listing des personnages majeurs, voici ce qui revient en boucle pendant les 3 minutes et 25 secondes du morceau appelé très vite à devenir un tube, un de ceux qui ont marqué l’époque techno. Le son est entraînant, entêtant, est joué à plusieurs reprises pendant le long-métrage – notamment lors des combats les plus importants – et sera repris et remixé ensuite de nombreuses fois.

Techno Syndrome est presque aussi populaire, si ce n’est plus d’ailleurs, que le jeu qu’il habille. C’est bien simple, quand on pense à Mortal Kombat, on fait référence au taux d’hémoglobine volontairement excessif du jeu, aux fatalities… Le grand retour de Mortal Kombat en 2021 lui a d’ailleurs donné une deuxième vie, qui est prolongé bien sûr dans la suite sortie mercredi au cinéma. Anecdote : aussi iconique et lié à la licence soit-il, le morceau Techno Syndrome n’était pas dans le premier jeu Mortal Kombat.
Parce que certains combats nous faisaient déjà crier : « Get over here »
Trente et un ans après, forcément Mortal Kombat premier du nom peine à soutenir la comparaison avec les deux derniers films produit par Warner Bros. Visuellement, les deux long-métrages sont plus beaux, ce qui joue forcément sur l’appréciation de la dimension spectaculaire. Et forcément, les effets spéciaux sont de meilleure qualité, fond vert ou pas.
Mais trente et un après, et après revisionnage, on ne peut s’empêcher de constater que l’on se battait extrêmement bien dans la version de 1995. Sans avoir à rougir des chorégraphies proposées en 2021 et 2026. Vraiment pas. Si le premier quart d’heure du reboot de Mortal Kombat reste à ce jour ce que la franchise a fait de mieux au cinéma – le combat contre Scorpion et Sub-Zero pour être précis – et que le combat entre Liu Kang et Kung Lao en 2026 vaut largement le détour, il y avait quand même sacrément de quoi boire et manger il y a plus de trente ans.

Les combats entre Reptile et Liu Kang et Johnny Cage et Scorpion sont les plus mémorables. Autant par leur découpage, très clair, que par la performance de leurs acteurs. Robin Shou et Linden Ashby savent se battre et maîtrisent les arts martiaux, ce qui n’est pas forcément le cas de tous les membres des castings des deux autres films. Et ça se voit. D’ailleurs, le fameux Get Over Here de Scorpion a été prononcé pour la première foi au cinéma dans le film de 1995 et lors de l’affrontement de Scorpion et Johnny Cage, débuté en forêt avant de s’achever en enfer.
Parce que Christophe Lambert, c’est le divertissement
Son interprétation de Raiden, à la fois drôle, décalée, tout en autodérision et volontairement caricaturale, est légendaire. Et elle manque un peu aux deux nouveaux films, avec un Raiden beaucoup trop effacé – bien que ce soit son rôle à chaque fois – et surtout peu mémorable.

Christophe Lambert, c’est ce rire franchouillard qui résonne, ses apparitions toujours ubuesques et ses punchlines en guise de quelques lignes de dialogue. Chevelure grise totalement kitsch, comme le reste du look, Lambert était risible dans le rôle mais ce ridicule était volontaire et assumé pour le rôle secondaire qu’il incarne. Et tant mieux, car cela va finalement de pair avec un film qui ne se prend pas au sérieux, se cantonne à suivre la ligne directrice d’un jeu qu’il adapte – des morts et des combats – et qui cherche à faire sourire, tout en faisant plaisir aux fans du jeu. Et au vu de sa prestation, il est clair que Christophe Lambert s’est régalé à jouer ce personnage.
Parce que notre âme est à Shang-Tsung
On a évoqué Christophe Lambert mais la vraie superstar de ce film, c’est le regretté Cary-Hiroyuki Tagawa, qui s’est éteint le 4 décembre 2025. L’acteur, réputé pour avoir régulièrement endosser les rôles de méchant dans sa carrière, incarne Shang Tsung dans le film de 1995 et sa suite en 1997. L’acteur a même eu droit à sa modélisation dans le jeu vidéo Mortal Kombat 11.

Si Christophe Lambert s’est fait plaisir dans son incarnation du rôle de Raiden, il est clair que Cary-Hiroyuki Tagawa a largement contribué à la légende du film. Ses grimaces et son énergie ont fait de sa version de Shang Tsung une copie très mémorable, plus finalement que celle proposée par Chin Han aujourd’hui. Son regard et son doigt pointé vers sa victime y jouent beaucoup tout comme ses répliques : « ton âme est à moi ! Finish him ! Fatality ! ». Rien que pour sa presta, revoir ce film vaut le détour.
Parce que c’est simple, fidèle au jeu, bourré de références…
On l’a dit plus haut et on le répète ici : la force de Mortal Kombat en 1995, c’est de juste se cantonner à l’essentiel : un tournoi mortel, des combats et les combattants les plus appréciés du premier jeu (1992) tous réunis sur grand écran : Shang Tsung, Liu Lang, Sonya Blade, Johnny Cage, Kitana, Scorpion, Sub-Zero, Reptile, Kano, Goro…
Le jeu assume une pauvreté dans les décors, un ciel perpétuellement flou et sombre et des affrontements ayant lieu un peu n’importe où, n’importe comment. Les références sont là, comme le coup de pied bicyclette de Liu Kang, le grappin de Scorpion ou encore le coup de poing grand écart de Johnny Cage.
Les motivations et le background des personnages sont quasiment inexistants – probablement parce qu’à l’époque, ils n’étaient pas développés plus que cela dans le jeu – et le film n’en est que plus rythmé et sans longueur : après tout, les champions choisis par Raiden ne sont là que pour une chose : sauver le monde des griffes de Shang Tsung.
… malgré l’absence de sang et de vraies fatalities
Finalement, le principal reproche que l’on peut faire à Mortal Kombat 1995, c’est l’absence de sang. Le film prend un parti pris différent du jeu, qui revendique un aspect gore et l’assume pleinement. Là, pas de sang, pas de corps déchiqueté – le combat entre Goro et un combattant le résume assez bien – pas de réelle fatalité. Un choix qui peut s’expliquer par la volonté de toucher un plus large public mais qui dénote du reste.

Car le film respecte, dans les dialogues, le ton et l’ambiance l’esprit du jeu, sans jamais lui apporter son aspect extrêmement punitif. Il aura donc fallu attendre 2021 et le reboot de la franchise pour voir le sang se répandre au cinéma avec le nom Mortal Kombat. Et comme indiqué dans notre critique, le sang coule toujours autant, si ce n’est plus d’ailleurs, dans la suite disponible en salles depuis mercredi.
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