Suprématie quantique : IBM réfute la victoire de Google

Ordinateurs

Par Felix Gouty le

Google a, hier, annoncé en grande pompe son accomplissement historique : la « suprématie quantique ». IBM, son concurrent dans la course à l’informatique quantique, rejette cette victoire, arguments à l’appui.

Crédits : Carson Masterson / Unsplash.

Big Blue n’est pas prêt d’accepter la victoire réclamée par Google dans la course à la « suprématie quantique » (cette étape à laquelle l’informatique quantique surpasserait l’informatique classique). Dans la publication officielle de son accomplissement dans la revue scientifique Nature, Google attestait notamment avoir dépassé la puissance de calcul du meilleur super-ordinateur du monde, le Summit d’IBM. Grâce à un processeur quantique de sa création, la firme de Mountain View déclarait avoir effectué, en moins de quatre minutes, un calcul qui aurait pris plus de 10 000 ans au Summit.

Dans un long communiqué, le géant de l’informatique remet en question le travail de son concurrent californien. Ses chercheurs estiment qu’un ordinateur classique serait tout à fait capable d’une telle performance avec la mémoire vive et le stockage suffisants. Ces derniers affirment même, qu’en optimisant davantage le processus de calcul, on peut réduire le temps d’exécution à deux jours et demi et avec une fidélité plus grande sur leur super-ordinateur. Autrement dit, Google aurait fait du bon travail mais pas assez pour atteindre une suprématie quantique indéniable. Renaud Lifchitz, expert pour Econocom en cybersécurité et informatique quantique, a confié à nos confrères de 01Net : « la plus grosse avancée dans le papier est probablement le fait que les qubits (les bits quantiques sur lesquels se base le processeur quantique de Google) ne se perturbent que peu les uns les autres, avec des taux de fidélité proches des puces beaucoup plus petites ». L’avancée de Google ne serait donc pas historique mais seulement technologique ? Affaire à suivre.