La NASA renonce au nom d’un objet céleste en lien avec le nazisme

Espace

Par Felix Gouty le

L’astéroïde à deux têtes, Ultima Thulé, s’appellera désormais Arrokoth. Le précédent nom, donné en 2018, rappelait trop le soi-disant lieu de naissance de la race aryenne.

Crédits : NASA.

Il ressemble à une cacahuète difforme, est le plus lointain objet jamais approché et étudié par des appareils de la NASA et – jusqu’à aujourd’hui – portait un nom à connotations nazies. Découvert en 2014 par le télescope spatial Hubble, 2014 MU69 – désormais surnommé Arrokoth – est un corps binaire à contact transneptunien. Traduction : il s’agit d’un objet siamois, composé de deux astéroïdes collés l’un à l’autre. Ce minuscule objet céleste, d’une longueur de 31 km seulement, gravite autour du soleil à une distance de plus de 6,5 milliards de kilomètres de la Terre. Il fait partie des nombreux astéroïdes composant la Ceinture de Kuiper, au-delà de l’orbite de Neptune. En 2018, l’Agence aérospatiale américaine (NASA) sélectionne son surnom initial parmi plusieurs dizaines de propositions : Ultima Thulé. Celui-ci fait référence à l’île fictive de Thulé désignant, de l’Antiquité au Moyen-Âge, le lieu le plus éloigné du monde connu. Néanmoins, au XXe siècle, le nom a été ensuite ré-utilisé par les nazis dans la formulation de leur mythologie. Dès 1918 et la fondation d’une société secrète éponyme, ils considèrent Thulé comme le lieu de naissance de la race aryenne.

Face à cette controverse, la NASA a récemment choisi un nom équivalent en signification mais plus proche des racines géographiques de la découverte de 2014 MU69. Les scientifiques ayant réalisé leurs observations au laboratoire New Horizons, dans le Maryland, aux États-Unis, l’agence gouvernementale s’est ainsi inspiré de la culture autochtone locale et du folklore amérindien pour renommer l’objet le plus lointain jamais observé dans notre système solaire. « Le nom ‘Arrokoth‘ reflète le profond sentiment d’inspiration se produisant lorsque nous levons les yeux vers le ciel pour regarder les étoiles et s’imaginer des mondes au-delà du nôtre », explique Alan Stern, l’un des membres de New Horizons, dans un communiqué. « Nous acceptons avec beaucoup d’humilité ce cadeau offert par le peuple Powhatan, déclare Lori Glaze, directrice de la division de planétologie de la NASA. L’héritage des indigènes Algonquien de la région Chesapeake continue de nous guider dans la recherche des origines de notre univers et de la place céleste de l’humanité. » Pour rappel, en mai 2019, la NASA annonçait avoir découvert de l’eau et des molécules organiques à la surface d’Arrokoth.