Climat : la Terre a déjà peut-être déjà atteint plusieurs points de non-retour

Science

Par Julie Hay le

Dans un article publié par Nature, des scientifiques estiment que la Terre a déjà peut-être atteint plusieurs points de non-retour. Les derniers rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat suggèrent que les points de basculement pourraient être dépassés même avec 1 ou 2 °C de réchauffement.

Des scientifiques tirent la sonnette d’alarme dans Nature. Les experts estiment en effet désormais qu’un ou deux degrés supplémentaires (et non plus 5°C comme par le passé) peuvent suffire à faire franchir plusieurs points de non-retour. Ces seuils sont atteints lorsqu’une situation environnementale ne peut plus être enrayée. Nous serions actuellement dans un « état d’urgence planétaire », à mesure que la température augmente. Les auteurs de l’article, dénombrent pas moins de neuf zones, dans lesquelles la situation est critique. Certaines d’entre elles seraient en passe d’atteindre ce point de non-retour et l’auraient peut-être même déjà franchit. « Nous avons des éléments alarmants étayant l’hypothèse qu’une partie de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental serait à un stade de recul irréversible », explique l’auteur principal, Timothy M.Lenton. La disparition de la calotte glaciaire, l’embrasement de la forêt amazonienne et la fonte du permafrost, auraient des conséquences désastreuses sur l’environnement si elles ne sont pas enrayées à temps. La situation n’est pas en voie de s’arranger, pire, la destruction d’une zone augmente le risque de la dégradation d’une autre. « Le dépassement des points de non-retour dans un système peut augmenter le risque de les franchir dans d’autres » expliquent-ils. Une réaction en cascade est donc à prévoir, selon les scientifiques, qui reconnaissent tout de même, que la science complexe des points de non-retour laisse place à une grande part d’incertitude.

Les actes plus que les mots

Les auteurs de l’article appellent donc à une action rapide et efficace. « La stabilité et la résilience de notre planète sont en péril» La situation n’est pas pour autant désespérée et Timothy M. Lenton et son équipe attendent des prises de position fortes de la part des gouvernements. Les chercheurs estiment que la diminution des gaz à effet de serre pourrait ralentir la situation et qu’il faudra garder le cap du seuil de 1,5 °C supplémentaires d’ici à 2100. L’objectif a été fixé en 2015, suite à l’accord de Paris sur le climat. Si la majorité des pays l’ont signé, les États-Unis ont annoncé leur retrait de l’accord en juin 2017, avant d’officialiser cette décision le 4 novembre dernier. Lundi 2 décembre, Madrid lancera la COP 25. Une réunion au sommet qui doit être l’occasion pour les pays de renforcer leur engagement pour l’environnement. Le président des Nations Unies a demandé en septembre dernier à ce que des plans concrets soient présentés, avec pour objectif 0 % d’émissions de gaz à effet de serre en 2050.