L’horloge de la fin du monde n’est plus qu’à 100 secondes de minuit

politique

Par Felix Gouty le

Sur cette horloge métaphorique, minuit symbolise la fin de la civilisation humaine. Hier, le bureau responsable du positionnement de ses aiguilles s’est accordé sur 23:58:20. Depuis la création de l’horloge en 1947, l’horaire n’avait jamais été aussi proche de minuit.

Hier soir, la civilisation humaine s’est en théorie rapprochée un peu plus de son anéantissement. Le bureau d’experts et scientifiques du Bulletin des scientifiques atomiques a avancé l’horloge de fin du monde de 20 secondes supplémentaires. Autrement dit, selon eux, à l’échelle d’une journée complète de 24 heures, l’humanité est à seulement 100 secondes de l’apocalypse. Cette horloge métaphorique a été créée en 1947 en plein cœur de la Guerre froide, pour alerter les belligérants sur les dangers de ce conflit et, en particulier, les conséquences désastreuses d’une éventuelle guerre nucléaire. Les chercheurs de l’université de Chicago, fondateurs du concept, avaient alors positionné ses aiguilles à 23h53. Au fil des décennies, selon les développements bénéfiques ou menaçants du contexte géopolitique mondial, cet horaire a reculé ou avancé.

Aujourd’hui, à l’aube d’une nouvelle décennie, l’humanité n’a jamais été aussi proche de la fin du monde incarnée par l’heure 00:00 sur l’horloge. En effet, le bureau du Bulletin des scientifiques atomiques a placé ses aiguilles à 23:58:20. Cet horaire inquiétant a été décidé en réaction au manque d’actions menées pour lutter contre le réchauffement climatique, à l’existence de programmes nucléaires en Iran et en Corée du Nord et à la détérioration des relations entre la Russie et les États-Unis. Celui-ci ne prend pas en compte le conflit naissant entre Donald Trump et l’Iran, l’annonce de la reprise des essais nucléaires nord-coréens ou l’épidémie en cours causée par un virus similaire au SRAS venu du Chine. « Cette situation est inacceptable », a déclaré le Sud-Coréen Ban Ki-moon, ancien secrétaire générale de l’Organisation des nations unies. Le bureau responsable de l’horloge de la fin du monde a aussi mentionné la multiplication des « fake news » et des « deepfakes » ainsi que qu’un manque croissant de confiance envers les médias d’information comme source de tension mondiale. Il s’est, en plus, exprimé sur les décisions du gouvernement américain, relatives au démantèlement de certains comités scientifiques. Pour finir, concernant la crise climatique, Sivan Kartha, chercheuse de l’Institut de l’environnement de Stockholm, s’est exprimée sur la gravité de la situation : « Nous n’avons aucune raison de croire qu’un tel monde puisse être hospitalier envers la civilisation humaine à l’avenir. »