Uber teste le fait de laisser les chauffeurs fixer leurs tarifs en Californie

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Par Felix Gouty le

Une nouvelle réglementation en Californie force Uber à changer ses méthodes. Pour prouver que ses conducteurs sont trop indépendants pour dépendre d’un statut de salarié, la société de VTC offre la possibilité à certains chauffeurs californiens de fixer eux-mêmes les prix de leurs trajets.

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Cette semaine, la société de VTC Uber va tester une nouvelle méthode qui pourrait bien s’exporter un peu partout à l’avenir. Selon le Wall Street Journal, cette méthode débutera d’abord à petite échelle, en Californie. Les conducteurs proposant des trajets liés aux aéroports de Sacramento, Palm Springs ou Santa Barbara auront la possibilité de fixer leurs tarifs jusqu’à un prix cinq fois supérieur. Cette modification se ferait néanmoins uniquement par tranche de 10%. Les conducteurs auront aussi la possibilité de réduire leurs tarifs par tranche de 10% jusqu’à un prix dix fois inférieur. Le choix de la hausse ou de la baisse du prix de la course à ces aéroports dépendra seulement du conducteur. Cette nouvelle option risque donc de créer une compétition féroce entre les chauffeurs Uber. Les uns pourraient opter pour plus de déplacements à prix cassés, favorisés par l’application, tandis que les autres préféreraient attendre que la demande augmente pour élever leur prix.

Ce test intervient évidemment dans un contexte particulier. L’État de Californie a récemment fait passer une nouvelle réglementation rendant l’emploi de non-salariés – comme c’est le cas pour les conducteurs d’Uber – plus difficile pour les entreprises. Uber a donc mis au point cette nouvelle méthode pour rendre ces derniers plus indépendants et “flexibles” au regard de la nouvelle législation californienne. L’idée semble, pour Uber, d’éviter d’être forcé à changer le statut de ses chauffeurs et donc potentiellement de perdre de l’argent. Récemment, Uber s’est allié à d’autres sociétés de VTC, Lyft ou encore DoorDash, pour lancer une contre-initiative législative. En échange de leur exclusion de la nouvelle réglementation californienne, elle propose d’offrir plus de garanties financières aux conducteurs : notamment, des recettes au moins 20% supérieures au salaire minimum et environ 30 centimes d’euros par miles (soit un peu plus de 1,6 kilomètres) effectués en déplacement de participation aux dépenses obligatoires, comme l’essence. Les compagnies citées souhaitent organiser un référendum populaire en novembre 2020 pour tenter de trouver un compromis avec l’État de Californie.