Virus en Chine : le point sur l’évolution de la situation

Science

Par Felix Gouty le

Le coronavirus apparu en Chine est surveillé de près par les autorités. Le bilan s’élève actuellement à 26 morts tandis que la source précise du virus reste inconnue.

Le coronavirus, le vecteur du virus du SRAS.
Des virions de coronavirus, vecteur du syndrome respiratoire aigu sévère ou SRAS. (Public Domain)

Alors que le bilan des victimes de l’épidémie causée par un mystérieux coronavirus s’alourdit, la Chine renforce aujourd’hui ses mesures de sécurité et de quarantaine. A l’heure actuelle, les autorités chinoises auraient recensés 26 morts (dont deux à l’extérieur de la zone de naissance de l’épidémie, comprenant la ville de Wuhan) et 830 personnes infectées de ce virus similaire au SRAS sur son territoire. En conséquence, le gouvernement a placé 13 communes du pays en quarantaine – ce qui représente 40 millions de personnes obligées de rester chez elles jusqu’à nouvel ordre. Il a aussi interdit à ses agences de voyage de vendre des forfaits pour des trajets intérieurs ou à l’étranger. Par ailleurs, plusieurs accès à des monuments nationaux sont désormais fermés : plusieurs sections de la Grande muraille de Chine, le tombeau des Ming ou encore la forêt des pagodes. A Shanghai, alors à la veille du nouvel an chinois, le parc d’attraction Disneyland a fermé ses portes.

Hier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a jugé qu’il était trop tôt pour déclencher l’alerte internationale. Elle a néanmoins préconisé le confinement « à courte durée » de millions de Chinois. « Ce n’est pas encore une urgence sanitaire mondiale, mais cela pourrait le devenir », a déclaré son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus. Outre les nombreuses mises en quarantaine, la Chine y a répondu par la construction en urgence d’un hôpital destiné uniquement aux personnes contaminées par le coronavirus. Plus de quinze cas d’infection avérée sont recensées à l’extérieur de la Chine. En France, une Chinoise arrivée récemment de Wuhan, foyer de l’épidémie, et qui présentait des symptômes grippaux aurait été observée par des services médicaux français. Selon un communiqué de l’ambassade chinoise à Paris, repéré par La Voix du Nord, cette personne a fait savoir qu’elle ne présentait plus de symptômes de fièvre ou de douleur et ne s’était donc pas vu prescrire d’examens complémentaires. Le dernier vol en provenance de Wuhan a atterri à l’aéroport de Roissy. Aucun voyageur n’aurait présenté de symptômes liés à l’inquiétant virus. La ministre de la santé, Agnès Buzin, a affirmé qu’aucun « cas douteux » n’avait été recensé en France. Elle rappelle que « les services d’urgence sont en alerte. »

Débat sur l’origine du virus

Le coronavirus actuellement au centre de cette épidémie a été officiellement nommé « 2019-nCoV » par l’OMS. Si sa transmission inter-humaine est confirmée, sa source d’origine reste pour l’instant un mystère. Ce virus proviendrait d’un animal vendu sur le marché de Wuhan, probablement « un oiseau ou un mammifère » selon les déclarations de scientifiques dans la revue Nature. Cette hypothèse a été publiée en réaction à des informations provenant de scientifiques chinois. Après analyse de premiers échantillons du virus, ces derniers suggéraient que son principal vecteur pourrait être un serpent – Bungarus multicinctus (ou Bongare rayé) ou Naja atra (ou Cobra chinois). Ils n’auraient cependant apporté aucune preuve de transmission d’un coronavirus chez ces animaux. Une majorité de chercheurs préfèrent continuer les analyses et les comparaisons avant de conclure sur la nature précise du virus. La piste la plus proche pourrait être les chauve-souris rhinolophes (Rhinolophus sp.), porteuses avérées du virus du SRAS.