Non, la 5G n’est ni liée ni à l’origine du virus SARS-CoV-2

Télécom

Par Felix Gouty le

Comme tout grand événement sans précédent, les théories complotistes sont légions concernant la pandémie actuelle de COVID-19. Dernièrement, l’une d’elles – accusant la 5G d’être à l’origine du virus – s’est muée en violence matérielle envers les réseaux téléphonique et Internet – dont se servent les populations confinées et le personnel médical pour travailler.

« Le COVID-19 est l’œuvre d’un accident de laboratoire ». « Le coronavirus SARS-CoV-2 a été créé génétiquement pour servir d’arme biologique de bioterrorisme ». Les théories fumeuses concernant l’origine de la pandémie actuelle sont légions, mais la plus absurde en tête pourrait bien émaner du Royaume-Uni. Selon certaines théories et rumeurs infondées, le déploiement de la 5G en Chine, notamment dans la région du Hubei (d’où proviennent, pour rappel, les premiers cas de contamination), serait responsable de la propagation du virus. Les porteurs et croyants de cette hypothèse insensée seraient à l’origine de nombreux actes de vandalisme perpétrés envers des équipements et des antennes télécoms. Selon ces individus, l’exposition aux ondes des nouvelles fréquences électromagnétiques exploitées par le réseau 5G serait soi-disant la cause des problèmes respiratoires caractéristiques du COVID-19 et donc de cette pandémie – et ce, en ignorant évidemment le fait que des pays comme l’Iran ou le Japon, encore sans 5G, ont été durement touchés par le virus.

Plusieurs opérateurs ont même rapporté des cas d’incendies d’antennes téléphoniques. À Birmingham notamment, Vodafone rapporte que, en l’espace de 24 heures, quatre de ses antennes ont été dégradées, incendiées et rendues inutilisables la semaine dernière. Trois autres pylônes d’autres opérateurs auraient aussi été attaqués en Angleterre. Certaines personnes auraient même insultées et verbalement brutalisés des installateurs de fibre optique, utilisée dans le cadre du déploiement progressif de la 5G. La police nationale et les services anti-terrorisme seraient désormais mobilisés pour mettre un terme à ce comportement. Les autorités britanniques et les opérateurs auraient ainsi appelés des réseaux sociaux tels que Facebook ou Twitter à réprimander cette propagation de « fake news » à l’origine de cette vague de violence. En réaction, YouTube aurait promis dans un premier temps de retirer des recommandations automatiques les vidéos faisant le lien entre 5G et coronavirus. Si besoin, la plateforme prévient qu’elle pourrait aller jusqu’à supprimer certaines vidéos. Stephen Powis, directeur des Services nationaux de santé britanniques, s’est dit « absolument enragé et dégoûté » par les actions de ces anti-5G, qui dirigent leur haine envers « des infrastructures (téléphoniques et Internet) dont le pays a besoin pour lutter contre cette situation d’urgence sanitaire. »